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La Rive - Je Suis une Terre

lundi 15 juin 2026, par marc


Il semble incommensurablement profond, le puits des découvertes. Fort heureusement, ceux qui l’habitent se signalent à nous et bien souvent, le plaisir est au rendez-vous. Voici donc La Rive, duo chant/musique avec qui la connivence s’est établie tout de suite. Pourtant, il n’y a pas d’introduction progressive, on est tout de suite dans le bain la poésie franche et lucide de Mikael Charlot. Qui plus est, la musique la plus marquante de Didier Duclos sera délivrée plus tard.

Le chant est plutôt déclamé, ce qui est une excellente idée pour deux raisons. Tout d’abord, le ton plus distant convient à ces textes personnels qui pâtiraient sans doute d’une expressivité trop prononcée. Et puis il permet aussi à des mélodies renversantes de s’exprimer. En l’état, l’équilibre trouvé est juste. Et on aime cette ambiguïté, source de poésie selon la célèbre théorie de William Empson ou le magnifique roman d’Eliott Perlman. Mais je m’égare, même si ces chemins de traverse permettent de se poser des questions. Est-ce un chien qui parle sur Les Promenades en Laisse ? L’argent est-il vraiment le bonheur du monde (non, en fait) ? La réponse est moins importante que la question on le sait depuis longtemps.

Puisqu’on évoque les mélodies, signalons par exemple Pour Le Peu d’Un Regard, La Fin Et Les Moyens ou Le Jour.. Et puis en plus de tout le reste, il y a des moments de bravoure purement musicaux aussi, comme ce final de Les Loups bien long en bouche, ou encore cette délectable dérive noisy d’Abattoir.

On dit trop souvent la part de subjectivité qui nous fait adhérer ou pas à la démarche des artistes. L’adhérence est assez forte dans le cas qui nous occupe et la fréquentation assidue de cet album nous pousse à le recommander chaudement.

    Article Ecrit par marc

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