lundi 29 juin 2026, par

Le premier album de l’Autrichien Jungstötter reste une des valeurs sûres vers lesquelles on revient année après année. Dans le sillage d’un Patrick Wolf ou d’une Soap&Skin dont il avait assuré les premières parties, il est une des valeurs sûres de notre discothèque (aussi virtuelle soit-elle). On avait senti dès les second album que les envies de Fabian Alstötter avaient changé et celui-ci dévie encore plus d’une éventuelle trajectoire qu’on aurait pu tracer.
D’emblée, on aborde un univers plus proche de ce qu’on entend du côté de Loma ou Shearwater dernière mouture, même la voix est proche. Ce n’est pas pour nous déplaire donc mais on comprend vite qu’on devra attendre autre chose que la flamboyance dark des débuts. Le résultat peut se révéler assez envoûtant une fois que la connivence s’est établie mais on ne va pas travestir la réalité, c’est plutôt aride et des conditions d’écoute favorables sont nécessaires pour mieux en profiter.
Visiblement ces morceaux sont basés sur des improvisations avec plusieurs musiciens dont le toujours inspiré Philipp Hülsenbeck. Cette liberté laisse de la place à quelques gimmicks bien sentis (Tell This Lover) et ménage quelques moments plus mélancoliques comme Again, et peut nous gratifier de stries d’harmonica (Sunk). La voix reste la composante la plus expressive du mélange. On pense souvent à Patrick Wolf, bien sûr, mais quand le ton se fait plus rentré, on songe plus étonnament à Jamie Stewart (Xiu Xiu). Evidemment, les morceaux purement instrumentaux sont forcément plus désolés.
Décidément, Jungstötter n’est pas un suiveur et décide de sa propre voie, même si ce hors-piste intrigant et souvent captivant peut aussi se révéler moins plaisant que ce qu’on connaissait de lui. Reste une beauté austère indéniable quand les circonstances s’y prêtent.
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