Accueil > Musique > 2006 > The Pipettes : We Are The Pipettes

The Pipettes : We Are The Pipettes

lundi 28 août 2006, par Marc


Ca y est, c’est officiel, aujourd’hui c’est officiellement l’été. C’est une réalité météorologique tangible (solstice) plus qu’un fait vérifiable par la température ambiante.

S’il y a peu de chances que je voie une plage cet été, c’est sans doute les Pipettes qui m’encourageraient le plus à y aller.
Il y a à travers l’histoire de la musique populaire une longue tradition des groupes à trois chanteuses. Le moins étonnant n’est pas que maintenant c’est dans le circuit dit indépendant qu’on retrouve la réincarnation de cette tendance.

Les Pipettes (joli nom sonore) se placent dans la plus pure tradition de Shirelles, Supremes et autres Motowneries ou productions de Phil Spector. Sur un morceau comme le très bon Pull Shapes, on se sent presque revenu quarante ans en arrière. Mais la grande différence est le caractère beaucoup plus catchy. Et c’est d’ailleurs cette belle énergie combinée à l’évidence des mélodies qui fait mouche. We Are The Pipettes sonne comme un manifeste. On a des filles qui en ont (très féminines cependant) et qui ne sont pas là pour engendrer la mélancolie. Le morceau est enlevé et met dans de bonnes dispositions pour la suite.

Eteindrait-on une radio commerciale si July y passait ? On vérifierait en tous cas qu’on ne s’est pas par inadvertance branché sur Radio Nostalgie. Difficile à dire mais en tous cas, cette petite dose de kitsch m’amuse un temps. Pas de snobisme qui résiste à la serviette de plage.

Certaines références sont un peu plus actuelles. Banarama reste un gros mot et le piège de ce revival-là est évité. Your Kisses Are Wasted On Me a un refrain rentre-dedans à la Chicks On Speed (les Pipettes sont cependant plus jolies que les Teutonnes electroclash, ce qui ne gâche rien).
Il faut être conscient qu’il réclame un peu de bonne humeur de votre part si vous vouez pleinement savourer. Je l’emmène en vacances de toute façon parce que là-bas j’en aurai besoin. Même l’usager des transports en commun que je suis devenu y voit de la musique pour remuer la tête en conduisant.

Si il y a quelques petites perles déjà mentionnées, le tout ne s’y hisse pas toujours. Cependant, il n’y a rien d’indigne. La joie doit s’absorber à petites doses pour des gens comme nous et il faut dès lors respecter une posologie raisonnable. Trop sucré par rapport à notre apport habituel en glucides musicaux, cet album est là et il faut en profiter avant l’automne. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Florent Brack - Faces

    On l’avoue, on reçoit beaucoup de musique et vu la relative étroitesse des styles défendus ici, le tri est souvent vite fait. Et puis quand on écoute certains artistes à la marge de nos goûts, il se peut qu’on soit intrigués et que le contact se fasse. C’est ce qui s’est fait avec Florent Brack et le son d’Unstoppable qui claque. Une relative déconnexion de la vraie vie m’a tenu à l’écart des dernières saisons de The Voice Belgique que Florent a visiblement remporté en 2015. Ne pas savoir ce genre de choses (...)

  • Part-Time Friends - Weddings and Funerals

    Non, ce n’est jamais la qualité moyenne d’un album pop qui frappe (sauf si elle est exceptionnellement élevée), on revient toujours sur un album pour les morceaux qui nous ont marqués, surtout en matière de musique pop. Même Si fait partie de ces morceaux immédiatement sympathiques, catchy en diable et confirme aussi une tendance très actuelle de mêler titres en français et en anglais, comme s’il fallait pratiquer la langue de Tatcher pour maintenir le cap pop. S’ils revendiquent que leurs influences (...)

  • Isaac Delusion - Uplifters

    C’est la basse qui tient l’avant-scène de Fancy, qui lance cet album et cette pop tristoune comme on l’aime fonctionne en plein. Elle a aussi le mérite d’énoncer clairement les intentions de l’album puisqu’on dénote un virage plus synthétique pour la formation française, plus solaire aussi sans doute.
    Ce qui nous vaut un album moins éclectique que par le passé mais pas uniforme pour autant. Leurs nouvelles aspirations pouvant ainsi s’incarner sur le plus sautillant sur Disorder qui repose comme presque (...)

  • Say Lou Lou - Immortelle

    On avait déjà été séduits par la pop sucrée mais pas trop du duo. Les jumelles Miranda et Elektra Kilbey sont les filles de Steve Kilbey (de The Church) et de la musicienne suédoise Karin Jansson. The Church, d’ailleurs, est surtout connu pour Under The Milky Way, composé par les deux parents. On retrouve sur ce court album une version trop enrobée qui n’a pas la beauté de l’original. On reste bien en famille donc.
    Fort logiquement, leur physique de publicité de mode leur a valu de tourner dans les (...)