mercredi 14 novembre 2007

La Lenteur (roman connu)
On est souvent content d’être surpris, mais la sécurité nous sied aussi. Qu’ai-je trouvé dans cet album de Susanna ? Exactement ce qu’on est en droit d’en attendre. Moi qui l’avais découverte avec Melody Mountain, son second album entièrement composé de reprises, je retrouve intact un univers qui m’avait séduit.
Si ce n’est plus un album de Susanna And The Magical Orchestra mais Susanna tout court, l’orchestre en question (Morten Qvenild tout seul en fait) est toujours derrière elle. Donc rien ne change vraiment. Ou plutôt si, les compositions étant originales ici. On n’a donc plus l’enjeu de la relecture ni le support de morceaux connus. Que reste-t-il dès lors ? Une voix, froide mais humaine, ne tombant jamais dans le pathos mais toujours proche. Derrière, c’est toujours aussi nu. Un clavier et une basse la plupart du temps et pas de percussion à l’horizon. Dans cette optique, Better Days et sa guitare électrique (pas dans les zones bruyantes de l’ampli bien entendu) fait presque figure de morceau remuant.
Pour le reste, il faut juste espérer que votre tempérament s’accommode de musique statique, comme arrêtée. Car il faut plusieurs écoutes pour que les morceaux commencent à se distinguer les uns des autres. Les mélodies sont toujours là , certes, mais il faut les apprivoiser. Vous pourrez alors profiter pleinement de Born in the Desert, Stay ou Hangout. Hyperactifs, impatients, mélancoliques des dimanches après-midi solitaires, passez votre chemin. Mais que les gens comme moi qui ne supportent pas les roucoulades jazz lentes se rassurent, c’est plus sec et digne ici.
Il y a indéniablement une lignée de chanteuses nordiques spleenesques comme El Perro Del Mar ou Frida Hyvà¶nen, puisque Susanna Wallumrà¸d est Norvégienne. Il doit se passer quelque chose par là -bas. C’est fatalement le systématisme du procédé qui est la limite de cet album. Ce qui fait qu’au-delà de quelques morceaux l’intérêt tombe un peu. A vous donc de le savourer plutôt par petites doses.
A vous de voir si une musique très dénudée peut vous plaire. Mais les qualités d’écriture et la très bluffante classe de cette orchestration limitée à sa plus simple expression peuvent remporter votre adhésion comme elle a emporté la mienne.
Si vous voulez voir et entendre ce que ça peut donner j’ai posté deux extraits sur radiolibre
On ne maintient pas ce genre de classement, mais il est clair que certains artistes ont toujours eu la cote et ont empilé les étoiles ici. Ce huitième album (c’est le ’Op.8 dans le titre) de The Wooden Wolf ne va pas refroidir notre enthousiasme à son égard comme on va le voir.
Et ça attaque dès Flutter qui signe des retrouvailles tellement précieuses. Le fantôme d’Eliott Smith, voire celui (…)
Proposer Alex Keiling comme produit d’appel ne pouvait que susciter notre curiosité. Avant de dire tout le bien de son huitième album en tant que The Wooden Wolf, le voici déjà dans ce projet qu’il partage avec Julian Tröndle et Louis Groß du groupe folk teuton Lambs & Wolves.
Ce n’est aucunement un projet solo, on le sent à la coloration différente mais tout aussi belle. Ce qu’on entend (…)
Phoebe Bridgers est une figure tutélaire assez imposante dans le landerneau des musiques apaisées. Certes, elle est elle-même moins omniprésente que dans un passé récent, mais son ombre plane sur énormément de projets, de Benni à Searows dont on découvre un second album après un EP qui nous avait bien tapé dans l’oreille.
Ceci est plus sombre peut-être, peut se poser en chainon manquant (…)
à‡a y est, la série de 6 EP de Tommaso Varisco est maintenant bouclée. Après deux premiers EP axés sur les concepts de guerre et paix (qui résonnent encore plus aujourd’hui), il a fait le tour des saisons pour terminer ici, renouant avec la veine folk-rock qu’on lui connaissait sur le toujours recommandable album These Gloves qui l’emmenait dans le nord, très dans le nord. On retrouve (…)
Il faut sans doute être d’un certain à¢ge pour le reconnaitre mais Moby a été un passeur, un de ces artistes qui ont montré aux amateurs de rock ce qui se cachait derrière le voile electro. Je vous parle d’un temps d’avant un carton planétaire. Mais cette veine n’est qu’une des lignes de force d’une imposante discographie.
On ne va donc pas tenter de résumer les 22 albums précédents. Surtout (…)
On ne peut pas dire que l’exercice de l’album de reprise soit notre préféré. Si c’est amusant à petites doses, l’aspect presque toujours hétéroclite de reprises diverses par un.e artiste ou de rerpises d’un.e artiste par une multitude est souvent rébarbatif. Mais avec une forte personnalité musicale établie avec parcimonie lors de ces 15 dernières années, on savait que la cover était un des (…)
’Cette année c’est la bonne’. C’est ce qu’on s’est dit quelques fois avant d’abandonner l’espoir d’un nouvel album de The Cure. Lequel n’était même pas indispensable, on les sait toujours capables de longues tournées de longs concerts de longues chansons. Et puis l’intégrité de la bande de Robert Smith, pronant le ticket pas cher à l’heure des prix dynamiques ou privilégiant les longues intros (…)
Il est des groupes qu’on écoute encore et pour lesquels on se demande pourquoi on s’inflige ça, déception après inintérêt. Le cas des Tindersticks est un peu différent. Si on ne peut pas prétendre avoir à chaque fois succombé aux charmes d’un album fantastique, il y avait toujours des raisons d’y revenir, de ne pas là¢cher l’affaire après 30 (gasp...) années de fréquentation.
Cet album ne (…)