jeudi 20 mars 2008

Une matrraque dans du papier-bulle
S’adapter pour ne pas disparaître, c’est un peu une des conséquences des théories de Darwin. Evoluer pour ne pas sortir du radar, c’est presque un des corollaires pour la musique. Donc The Kills évoluent. Le moins qu’on puisse espérer après avoir écouté leur dernier Midnight Boom, c’est de recueillir l’attention qu’il mérite.
La démarche suivie par le duo rappelle un peu celle de PJ Harvey qui a accouché du langoureux To Bring You My Love après les très turbulents Dry et Rid Of Me. Etrangement, on ressent moins la ressemblance avec la diva du Dorset qu’auparavant. Ils semblent le chainon manquant entre ce qu’ils faisaient sur Keep It On The Mean Side et le Goldfrapp de Supernatural (Getting Down).
On sent le petit changement dès U.R.A. Fever qui nous ramène instantanément quatorze ans en arrière, au cœur de la moiteur du désormais classique Maxinquaye de Tricky. Le riff, lui, semble s’être échappé du premier Garbage (amis des nineties, bonsoir…). Ils n’ont de toute façon pas vendu leur à¢me au diable de la production lisse. Les morceaux restent courts pour conserver tout leur jus, on reconnaît certains de leurs sons à des kilomètres (Last Day Of Magic, Sour Cherry) et ils n’ont certainement pas donné leurs guitares aux bonnes œuvres (M.EX.I.C.O.C.U qui part comme un bon vieux Sonic Youth). La tension entre les deux comparses est intacte et la voix garde tout son potentiel d’évocation. “I want you to be crazy ‘cos you’re boring baby when you’re straight†nous dit-elle sur le bon Cheap and Cheerful. C’est exactement ça. On aime toujours leur originalité et comme le disait Fred, une matraque emballée dans du papier-bulle ça reste une matraque. Et tant pis si rarement ça manque un peu d’épice (Black Balloon). Hors contexte, Goodnight Bad Morning manque de peps mais pour signifier « on ferme » il est parfaitement à sa place.
C’est sans doute le moins brut, violent ou dérangeant album de The Kills, mais je sens que c’est celui que j’ai le plus de chances d’écouter souvent. C’est en tous cas celui que j’ai le plus usé jusque maintenant. Le relatif changement d’orientation ne les a donc pas privés d’intérêt, que du contraire.
Il avait fallu un album pour qu’on prenne toute la mesure de cet étrange duo, pour que la fausse nostalgie ne masque pas leur étrangeté et leur singularité. Une fois la porte trouvée, on ne cherche plus jamais la sortie et on va encore rester un bon bout de temps chez eux, c’est certain.
Parce qu’il y a dans cette alliance franco-australienne un charme qui n’est pas que suranné. Aussi parce (…)
L’indie est une organisation souvent en marge, une éthique mais aussi une esthétique. Laquelle a sensiblement évolué pour ne plus être distinguable du mainstream. Mais ça n’a pas été toujours le cas et certains vétérans viennent nous le rappeler.
Le dernier album en date des Allemands de The Notwist avait plu faute de laisser un souvenir tenace. Gageons que les choses seront différentes ici (…)
Les bonnes surprises peuvent aussi surgir de ce qu’on croit connaitre. Si 5 morceaux (on avait partagé) étaient déjà entendus, l’écoute de ce quatrième album du groupe d’Amiens permet d’en appréhender l’excellence. Le produit fini et complet est donc bien réjouissant.
Parce qu’il est rentre-dedans avec ce qu’il faut comme petites touches de sons froids et de consistance mélodique pour que le (…)
C’est éminemment subjectif mais quand j’entends un nom de formation comme ça, je suis déjà dans de bonnes dispositions. Lesquelles sont encore renforcées par le souvenir d’un premier EP qui posait de très belles bases.
Le truc de Chaton Laveur, donc, c’est de s’appuyer sur des bases krautrock pour une euphorie bien plus pop. Le duo liégeois (Julie Odeurs et Pierre Lechien) est cependant (…)