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The Killers - Day and Age

samedi 6 décembre 2008, par Marc

Le mauvais esprit de Noël


Est-ce du masochisme qui me fait revenir sur un album de The Killers alors que je n’avais pas aiméSam’s Town ? Sans doute que non, si on veut bien considérer qu’on a classé ce groupe parmi nos compagnons auditifs potentiels. Et puis, c’est premier groupe que j’aie jamais vu au Pukkelpop. Ils sont revenus pour jouer en tête d’affiche, signe non trompeur d’un changement de statut.

L’équilibre semble plus réussi que sur Sam’s Town. Parce qu’on ne les prend plus pour le gentil groupe d’indie surfant sur un revival des années ’80. Ils ont montré que ce n’était qu’une première marche vers le succès. Il y a eu ce qu’on peut appeler pompeusement un changement de paradigme. C’est qu’il y a eu un changement tel entre les deux premiers albums qu’il est difficile d’avoir apprécié les deux dans la même mesure. Comme on était fort clients du premier, le second nous a fatalement paru ampoulé. D’ici quelques années, Hot Fuss paraîtra sans doute incongru dans la discographie du groupe.

On n’a pas trouvé ici non plus de successeur à Jenny Was A Friend Of Mine ou Mr Brightside. A tel point qu’on se pose de sérieuses questions sur la pertinence de leur patronyme. Les groupes à la lisière du succès massif pratiquent un genre plus porté sur l’émotion (ou plus précisément sur les signes de l’émotion) comme Coldplay, Keane ou Snow Patrol. C’est dans cette fort réduite et populaire catégorie qu’il faut classer The Killers. Et constater qu’ils sont finalement plus pudiques. La ‘montée’ de A Dustland Fairytale est quand même trop peu génératrice de frissons. La question évidemment est de savoir ce qu’on attend de la musique. Mais face à ce que peut m’apporter I Can’t Stay ou Neon Tiger, je préfèrerai écouter autre chose de moins gentil.

A cette saison-ci, on pense même qu’il s’agit d’un album de Noël. Avec les bons et les mauvais côtés de la chose. Un côté écœurant un peu contrebalancé par une volonté unanimiste. Un morceau comme Humans (Are we human/or are we dancer (sic), ouais ouais), surtout quand l’artillerie est tirée de façon vraiment pas subtile est de ceux qui nécessitent une bonne humeur déjà acquise pour ne pas qu’on s’esclaffe franchement (oui, j’ai parfois ce type de réaction face à ça…). Il m’est d’ailleurs arrivé d’interrompre l’écoute de cet album après quelques titres, conscient que mon humeur ferait suinter la mauvaise foi sur cette critique. Les chansons positives me séduisent moins, question de goût, et je ne peux pas écouter Joy Ride sans y être disposé. Comme trop souvent, trop de couches rendent le résultat un peu aseptisée. Et si la différence de l’esthétique indie résidait dans l’absence de telles nappes ? L’apport de jacques Lu Cont avait pourtant laissé espérer un virage plus electro.

Appréhendés sereinement, certains morceaux fonctionnent plutôt. Dans les moments les plus intéressants, on lorgne maintenant du côté d’un certain Bowie (Losing Touch) mais en plus sucré et lisse. Et puis il y a ce dernier titre fait dans une lourdeur qui finit par convaincre. La liste des meilleurs titres placés en fin d’album grandit donc encore.

Depuis l’album précédent, je sais que The Killers s’éloigne de mes goûts. Le succès est au rendez-vous pour eux et cet album m’est plus sympathique. J’ai donc retrouvé le groupe de Las Vegas dans sa conquête des sommets. Cette musique ample pourra bien évidemment paraître un peu pompière mais on sent moins ici la grandiloquente ambition de ne se produire que dans des stades. Le résultat est une collection de chansons qui glissent gentiment dans l’oreille. Ca ne les irrite plus comme ça a pu le faire (ça peut encore faire rire notez bien) mais espérer que quelque chose se produise entre les deux conduits auditifs est un rien présomptueux.

Article Ecrit par Marc

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