Accueil > Musique > 2009 > William Elliott Whitmore - Animals In The Dark

William Elliott Whitmore - Animals In The Dark

lundi 23 février 2009, par Marc

Toute la musique qu’il aime elle vient de là


La globalisation de la musique a engendré une disparition des complexes en matière de style musicaux pratiqués. N’importe qui sur n’importe quel point de la planète peut jouer comme s’il était né dans le bayou alors qu’il provient de Gdansk ou Ouagadougou. Pourquoi pas après tout, la musique étant un fait culturel, certes, mais aussi de ressenti. Pas de ça ici, William Elliott Whitmore est originaire et habitant d’une ferme à Lee County, Iowa. C’est donc un genre d’americana A.O.C. qu’il pratique, à l’ancienne, en artisan patient et passionné qu’il est.

Alors, oui, c’est de facture extrêmement classique, et c’est ce qui pourra étonner des oreilles plus habituées aux canons actuels du folk indie et autres alt.country. C’est pourquoi il m’a fallu un peu de temps pour me réhabituer à une forme plus proche des origines que des relectures plus ou moins décalées (de Calexico à Woven Hand, de Fleet Foxes à Two Gallants). Pourtant, la promotion essaie de surfer sur cette vague de revival. Pourquoi pas après tout si ça peut aider le troisième album de cet honnête artisan à trouver son public.

Et ce public potentiel trouvera de la sobriété sans misérabilisme (Old Devils), une guitare acoustique qui suffit à enrober un Hell Or High Water ou le dernier et assez prenant A Good Day To Die qui marche grâce à sa simplicité. Les histoires, sans surprise, tournent autour d’histoires de rédemption, de hors-la-loi, des vraies gens de la vraie vie (Hard Times). Il est à ce titre une des nombreuses incarnations du chanteur blues, folk ou country avec sa guitare et sa voix pour faire sonner son vécu.

Côté instrumentation, on a la trousse à outils des instruments qu’on s’attend à trouver là comme un filet de violon qui rehausse Who Stole The Soul, le banjo ou encore le bandonéon pour Lifetime Underground. Heureusement, il n’y a pas trop de pedal steel guitar, qui est la marque d’une country ‘adulte’ dans l’acception la moins alléchante du terme. En prime, il nous emballe d’entrée dans un bon roulement de batterie (Mutiny).

Mais un chanteur c’est surtout une voix et celle de Whitmore est son atout le plus flagrant. Elle évoque les pans plus acoustiques des discographies d’artistes comme Bruce Springsteen dans sa veine acoustique ou quand il revisite les classiques de Pete Seeger ou Eddie Vedder pour son travail sur la BO d’Into The Wild qui ressemblait de toute façon furieusement aux albums acoustiques du boss. L’impression est encore plus flagrante quand c’est un orgue qui mène le tout (There’s Hope For You).

Si vous voulez vous plonger dans une Amérique authentique, avec une voix à fleur d’âme et un classicisme de bon aloi qui allie sobriété et efficacité (à défaut d’une originalité renversante), vous pouvez vous frotter à William Elliott Whitmore.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • June Road - Landscapes (EP)

    Moins hégémonique que dans un passé récent, la formule du duo mixte a toujours ses adeptes dans le genre folk-pop. Dans le cas qui nous occupe, le pédigrée des deux intervenants apportait aussi de belles garanties. Elle, Maia Frankowski est Belge et violoniste à l’Orchestre du Théâtre Royal de la Monnaie, lui, Harry Pane est Anglais, compositeur, et rencontre un certain succès sur la scène folk britannique (dixit le dossier de presse qu’on croit).
    On pense peut-être parfois à Cocoon mais ils ne (...)

  • Ottus – Ghost Travellers

    l faut toujours laisser le temps aux albums de révéler tous leurs secrets, parce que la profondeur n’est pas toujours tangible en première écoute. Sur le premier opus du groupe liégeois Ottus, c’est le côté folk-pop et les harmonies vocales qui plaisent le plus vite et le plus facilement. Certes Run Away propose déjà une belle ampleur mais cette façon peut aussi se décliner en mode plus léger, voire évanescent (The Old Skills) ou se rehausser de chœurs enfantins (Living Stone).
    Mais ils élargissent leur (...)

  • Sharon Van Etten - We’ve Been Going About This All Wrong

    On associe depuis toujours Sharon Van Etten à Shearwater. Outre un copinage qui les a vus partager la scène le temps d’une tournée et de quelques morceaux, il y a cette pureté, cette émotion affleurante qui émeut sans autre forme de procès. C’est un don que certains artistes ont. S’ils parlent tous peu ou prou d’eux-mêmes, certains semblent parler à chaque auditeur en particulier.
    Mais si Jonathan Meiburg a ce chant qui touche à la perfection, il y a ici une fêlure plus qu’humaine. Un peu de fausseté (...)

  • Dekker – I Won’t Be Your Foe

    On a une tendresse particulière pour ceux qui partent d’une matrice folk pour en faire quelque chose d’un peu différent, mine de rien. Parmi ceux-ci on comptait le duo Rue Royale dont un des membres revient en solo sous le nom de Dekker.
    Il s’en dégage un aspect cool et actuel qui plait immédiatement. Il profite notamment d’une haute tenue mélodique (Small Wins). Sa voix immédiatement sympathique, même en mode falsetto (Do It All Again). Et quand le tempo se fait plus soutenu, on entend un morceau (...)