Accueil > Musique > 2009 > Apostle Of Hustle - Eats Darkness

Apostle Of Hustle - Eats Darkness

jeudi 28 mai 2009, par Marc

Un pas de côté


Marre des retours fracassants, des têtes d’affiches copieuses, du gros son qui tache, des mélanges alambiqués ? J’ai ce qu’il vous faut avec un des nombreux satellites de la scène de Toronto. En effet, Apostle of Hustle est un trio mené par Andrew Whiteman, ci-devant guitariste du protéiforme groupe Broken Social Scene. Apparemment, les deux albums précédents étaient imprégnés de culture cubaine. Ce qui n’est pas vraiment le cas ici. Quand j’aurai précisé que je garde un bon souvenir de leur prestation en première partie de Stars (autre membres de la bande de Toronto), je pourrai enfin aborder l’album lui-même.

L’engageant Eazy Speaks entame de bien belle façon les hostilités. C’est ensoleillé, repose sur un petit riff tout en légèreté. Le résultat est sautillant en diable et met les cervicales en action. Le side-project permet ce genre de choses. On n’a pas l’ampleur que permet le plantureux casting du collectif de base. Mais alors qu’au complet je peine à me passionner sur la longueur, les exercices des collaborateurs comme ceci, l’album de Bendan Canning l’an passé (sans parler de Feist, Stars ou autres Metric) m’ont procuré du plaisir. On ne s’éloigne d’ailleurs pas toujours de Broken Social scene par l’entorse souvent faite au classique enchainement couplet-refrain-pont et les paroles répétées (Whistle In The Fog). Il en ressort donc un aspect plus jam que chanson (Perfect Fit). Et une bonne moitié des titres sont soit des respirations déroutantes (Sign), des instrumentaux enlevés, voire des interludes plus ou moins inspirés avec des incrustations d’extraits vocaux. Pas indispensable en soi, mais forcément récréatif.

Si les paroles sont prononcées de façon nonchalante, et que la section rythmique se fait hypnotique, vous connaissez le tarif, on se sent obligés de songer à Can (How To Defeat A More Powerful Enemy), même si le résultat est plus pop. Dans la même famille, j’ai pu penser au groove délié de Brendan Canning (Soul Unwind). Mais dans ce contexte, ce sont encore les morceaux les plus conventionnels dans leur structure qui tirent le mieux leur épingle du jeu. On pense au final Blackberry mais aussi au très réussi Xerses, qui emmené par sa basse bien ronde le meilleur morceau de l’album.

Donc, dénué de prétention mais aucunement de moyens, ces morceaux se rendent sympathiques par l’appétit de jouer qui s’en dégage. Libérés de tous les carcans pop, ils livrent un album atypique et attachant. Pas uniformément renversant, mais constituant une joyeuse diversion.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • MadSci – Ascension (EP)

    Mêler violon, guitare et les sons électroniques n’est pas une idée vraiment neuve mais on est souvent surpris par la variété et de la nouveauté des résultats. C’est encore le cas avec le second EP du duo montréalais MadSci. Leur nom vient du plaisir à tenter des choses avec le violon de David Piché et la guitare de Michaël Charrette. Il faut dire que les deux comparses ont déjà une belle expérience et ça se sent. Tous les morceaux enregistrés ici ont déjà été présentés sur scène.
    Sur le papier, on pourrait (...)

  • Destroyer - Labyrinthitis

    On ne se lassera pas de L’équilibre entre les découvertes continuelles (oui, envoyez plein de choses) et les retours réguliers d’artistes appréciés. Le premier volet s’auto-alimente presque miraculeusement, le second volet est déjà bien fourni cette année.
    Le rock s’est bâti sur un mythe de jeunesse et chaque vague qui est venu après les origines (Punk, grunge, indie...) a prolongé cet état d’esprit. Quand un rock ’adulte’ a émergé, appelé AOR, c’était aussi un repoussoir, une union contre nature qui il (...)

  • Spencer Krug - Fading Graffiti

    Un premier album solo de Spencer Krug sous son nom propre. C’est étrange que ce soit la première fois. Parce qu’on le connaît depuis longtemps, qu’on relaie la bonne parole du Canadien sous toutes ses incarnations avec Wolf Parade, Sunset Rubdown, Swan Lakeet Moonface, avec ou sans Siinai. Avec les concerts, ce sont 19 articles sur ce site. Bref, Spencer est une vieille et très chère connaissance.
    On est donc en terrain connu même si ce qu’on entend sur ce Fading Graffiti n’est pas identique à (...)

  • Islands - Islomania

    Peu de groupes ont su se forger une place privilégiée dans nos oreilles comme Islands. On a accroché tout de suite le wagon, dès leur premier album, sans connaître les Unicorns. Outre la bonne surprise de leur retour inespéré, il y a eu cette magie du bon album écouté au bon moment. Cet état de grâce n’a pas été constaté à chaque fois mais il a bien eu lieu.
    La formation canadienne a toujours su imposer une coloration à chaque album sans jamais se dénaturer, au point de pouvoir livrer simultanément deux (...)