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Pukkelpop 2009, jour 3, 22/08/2009

mercredi 26 août 2009, par Marc

La descente


Sachant la journée courte et ayant pointé moins de noms sur la liste des engagés, on s’attendait donc à une journée de découvertes. Paradoxalement, quand on voit quelque chose qui ne nous plait pas, le simple plaisir de découvrir et d’élargir ses connaissances compense le tout. Surtout que les occasions de s’exaspérer n’ont pas été rares en ce jour final.

On commence par le duo new-yorkais Telepathe. Sponsorisés par le très respecté car régulièrement génial David Sitek de Tv On The Radio, la paire de filles n’est pas intéressante. Il ne suffit pas de mêler voix naïves et beat pour être passionnant. On sent la complaisance à plein nez.

Plus sympathiques auraient pu être Le Corps Mince De Françoise, trio féminin finlandais qui mêle une guitariste timide, une claviériste qui gigotte hors de propos et une chanteuse qui se risque parfois dans un phrasé hip-hop pas folichon. Encore une fois, pas assez de compos accrocheuses et une attitude défensive nous feront détourner les talons.

Je savais où je mettais les pieds par contre pour Micachu And The Shapes. L’album m’avait semblé pour le moins énervant et le concert ne m’a pas fait changer d’avis. A ce niveau de musique, c’est la subjectivité seule qui joue. Je n’accroche décidément pas à cette pop qui se complique pour cacher son manque d’inspiration.

Il faudra donc attendre la prestation de Deerhunter. Se retrouver au milieu du Marquee permet de voir qu’il y a entre la scène et la sono un grand couloir vide dont l’utilité est quand même soumise à question pour une scène pareille. Mais revenons au groupe d’Atlanta. On sait depuis l’an passé que Bradford Cox et sa bande sont parmi les plus précieux défricheurs de ces dernières années. Evidemment sur scène, le son d’un chapiteau de festival n’est pas toujours à la hauteur et l’inexpressivité des musiciens est un peu décevante (le bassiste a l’air quand même franchement stone) mais on n’a qu’à se laisser bercer par le son. Et on se laisse gagner petit à petit.

En voulant se rendre au coin marocain du festival (les tentes avec les narguilés), on tombe par hasard sur Rolo Tomassi. L’ovni sonore vient de Sheffield et si la chanteuse se contente d’aboyer occasionnellement, le style des musiciens ne laisse aucun doute sur leur technique parfaite. On sent le défoulement d’élèves d’école de Jazz. Chaotique mais intrigant. Le public du Shelter est en tout cas de très bonne humeur et ça fait toujours plaisir à voir.

On ira alors découvrir Hanna Hukkelberg. Après un départ un peu laborieux, le ton se fait plus mystérieux, vénéneux et on en ressort avec le sourire. Sans doute faudra-t-il se frotter à la discographie de la Norvégienne mais un tri sera indispensable.

Est-ce vraiment Fennesz qu’on a vu au château ? Toujours est-il que le drone pratiqué était intéressant. Drone, pour rappel, ce sont des brouillards très travaillés de guitare (principalement) et ce sont les climats qui importent. Ceux-ci sont joliment troussés en tous cas.

On ne pensait pas aller voir Hayseed Dixie, sincèrement. L’idée de reprises bluegrass de standards hard était assez crétine pour donner lieu à un tout-ou-rien. Finalement, c’est la virtuosité folle de ces rednecks pur jus qui est intéressante. Je ne pensais pas qu’on puisse jouer du banjo à cette vitesse-là. On reconnait un Queen, on devine un Iron Maiden puis bon, voilà quoi…

Le dernier concert du jour (pour nous) se devait d’être impeccable. Et c’est exactement ce qu’est The Whitest Boy Alive. Après des prestations remarquées au Pukkel d’il y a deux ans et à Dour l’an passé, ce qui est devenu le principal projet d’Erland Oye (Kings Of Convenience) transpire la sympathie par tous ses pores. Ils ont l’air de doctorants en mathématiques mais c’est dans un funk froid et éminemment charmant qu’ils excellent. Les morceaux s’enchainent sans peine, et la simplicité de cette bande (encore une fois, un son raisonnable aide) fait mouche. La foule du Marquee exulte, et tout se termine par un Show Me Love (celui de Robin S, si si si) qui nous rendra à la vraie vie avec le sourire.

Car il y a une vie après les festivals, et d’autres réjouissances nous attendaient. C’est donc tout pour cette année. Ce festival est toujours aussi multiple (on a l’impression de publics vraiment différents sur les multiples plaines) et aussi bien organisé. A part cette chiche (pour nous) dernière journée, ce furent des journées bien remplies de groupes qu’on aime bien ou qu’on va aimer. Si après près de six ans de pratique de ce curieux hobby de critique, il reste moins de temps pour découvrir vraiment des groupes venus de nulle part. Mais cette virée annuelle en Campine m’est toujours indispensable.

A l’an prochain ?

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Article Ecrit par Marc

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