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Micah P. Hinson & The Nothing

mercredi 19 mars 2014, par Marc

Eternel bourbon


Le bourbon est une boisson ambivalente. Bien plus douce que le scotch, elle n’en reste pas moins un alcool fort, qui brûle avant d’apaiser. La musique de Micah P Hinson mêle aussi ces deux aspects, âpres et doux. Et il faut aussi passer par la brûlure pour qu’une bienvenue douceur prenne le dessus.

Non seulement ces deux aspects sont présents ensemble sur presque tous les morceaux, mais l’agencement de l’album permet aussi le rapprochement puisqu’il commence par le plus déglingué How Are You, Just A Dream avant de se calmer progressivement, laissant les morceaux de bravoure étirés pour la fin. A Million Light Years prend congé de nous sur un arpège et sur cette voix qu’on a découvert et qu’on a appris à apprécier. Ce type est tellement peu moderne qu’il y a même un morceau caché, un peu plus intrigant que le reste, avec un étrange canon et des violons.

Pour ceux qui comme moi connaissaient peu cet artiste, il est difficile de ne pas penser à Dylan, surtout quand la mélodie et le phrasé de Sons Of USSR ramènent immanquablement au maître de Duluth. Il faut donc quelques écoutes pour se débarrasser de cette encombrante référence, mais soyez certain que je préfère ceci aux derniers albums du génie mentionné.

On The Way To Abeline impose un spleen très classieux, qui plait sans chercher à le faire. La musique respire en tout cas, et la façon qu’a la voix d’être éraillée est différente, peut-être plus proche d’un Vic Chesnutt qui aurait le goût de vivre (oui, il faut faire un petit effort d’imagination). Ce qui est un peu paradoxal quand on sait que la gestation de cet album a été perturbée par un accident de voiture assez grave pour Micah P Hinson.

I Ain’t Moving est comme son nom l’indique presqu’arrêté et magnifique quand on arrive à se glisser dedans. L’enchainement avec The Same Old Shit est forcément plus trivial, mais témoigne en tous cas de la belle versatilité. Et c’est ça qui plait, cette propension à enchainer les sentiments sans avoir l’air d’y toucher, de passer de l’évocation de la vie d’un grand-père à l’apaisement du très beau The Quill, où un piano tout simple suffit à établir un contexte.

Dans le bon mais trop long film Inside Llewin Davis, le héros ( ?) utilise toujours la même phrase d’accroche « if it was never new and it never gets old, then it’s a folk song”. Intemporel sans être ringard, Micah P Hinson sonne comme un classique, comme un morceau d’éternité musicale.

http://www.micahphinson.com/

Article Ecrit par Marc

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2 Messages

  • Micah P. Hinson & The Nothing 22 mars 2014 11:42, par le cousin de la reine de trêfle

    pouquoi aimons-nous Micah P. Hinson ?

    Pour les mêmes raisons qu’on aime Bill Callahan, Mark Kozelec, Lisa Germano, parce qu’on ne se lasse jamais du plaisir masochiste d’entendre toujours les mêmes histoires de vies cabossées, d’ambiances mortifères...dîtes avec des mots bouleversants et définitifs, par de très grands mélodistes,
    çà peut durer des années ...

    Et quand ils tirent leur révérence, comme Mark Linkous,ou Elliott Smith, on ne peut que prendre acte de la fatalité ...

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  • Micah P. Hinson & The Nothing 23 mars 2014 09:47

    Critique intéressante mais attention ce n’est pas son second album mais son 6ème !!!

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