vendredi 18 octobre 2019

L’expérience a ceci d’intéressant qu’on pense avoir cerné ses affinités, aiguisé ses attentes. Et parmi celles-ci (qu’on espère le plus larges possibles), il y a ce mélange de beats et d’écriture mélancolique qui peut faire mouche quand il est parfaitement exécuté comme ici. Le genre de chose qu’on adore chez leurs voisins de label The/Das et on ajoute sans hésiter le duo teuton Yeah But No.
Mais le curseur est ici plus orienté soul, plus impliqué émotionnellement, ce qui transparaît dès Caught Between Stations. Pour que ce soit réussi, il faut qu’on y croie un minimum pour que ça marche et c’est le cas ici. L’expressivité d’I Still Keep Love For You rappelle que Depeche Mode a pu réussir ce mélange de sensibilité et de force électronique. Sa prolongation presque instrumentale I Still Keep pousse le principe encore un peu plus loin et ajoute du liant. Il faut aussi que ça ne soit pas sirupeux quand la tendance est carrément tendre et sentimentale (Impossible Place). Et c’est la cas. La voix peut d’ailleurs se faire plus grave (I Don’t Want To Know).
On fond aussi (surtout ?) quand ils poussent le beat, franc et sec sur Run Run Run, qui s’est tout simplement imposé comme un des meilleurs moments de l’année. Mais ce n’est pas tout, il y a aussi la puissante intensité de Put Your Armor On avec un beat un peu plus lent, un très beau grain de son et de la variation. Rien que pour ces deux hauts faits, on est récompensés d’avoir fait le déplacement. Il y a aussi la belle résurgence de Fall Apart pour nous raccompagner sur la pas de la porte en d’excellentes dispositions, pour sortir de ce bel album par le haut. On sait que ce genre de prédiction ne marche jamais, pourtant, tout semble en place ici pour un succès mérité. Ca commence par vous.
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
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