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The Shins : Wincing The Night away

mercredi 24 janvier 2007, par Marc

Tant qu’on a l’efficacité...


"The Shins will change your life". C’est pas moi qui le dit, c’est le personnage joué par Nathalie Portman dans Garden State de et avec Zach Braff. Dans ce film, vite devenu culte parce qu’excellent et traitant d’un problème presque générationnel, on peut entendre New Slang des Shins, au casque dans une salle d’attente d’hôpital. Je vois renvoie au post-scriptum si vous avez envie de voir ou revoir la scène. Cette chanson est une de celles qui restent en tête, comme du Eliott Smith en moins plaintif. Mais bon, mon existence n’a pas pris un tour nouveau.

The Shins est un groupe de Portland qui est hébergé par un label de Seattle, Sub Pop (ce qui est dans le même coin). Cette maison de disques s’est rendue célèbre il y a une quinzaine d’années pour avoir hébergé Nirvana, Soundgarden et autres Mudhoney. Depuis, ils abritent des groupes plus divers comme The Walkabouts, The Album Leaf, Wolf Parade, CSS ou autres Bande Of Horses. Le troisième album des Shins est pour eux la plus grosse sortie de leur histoire, en termes de pressage de départ. C’est dire s’ils croient en ce Wincing The Night Away.

Et cet album commence fort bien. Le premier morceau est une introduction idéale, au crescendo intrigant qui débouche sur une explosion de guitare (enfin, tout est relatif, le grunge reste du passé). L’attention est captée, mission accomplie. Un des meilleurs morceaux, solide, est asséné dans la foulée (Australia). Une mélodie compliquée mais imparable, des arrangements solides, c’est fait pour marcher et ça marchera probablement. C’est ce qui frappe d’ailleurs d’entrée. Leur côté hésitant, qui créait immédiatement une connivence, a fait place à une confiance plus grande. Moins attachant peut-être mais redoutable.

La voix de tête à la fin du refrain de Phantom Limb est trop aigüe pour mon goût mais une fois encore, on n’est pas loin du sans-faute. On ajoutera Turn On Me aussi dans la liste des morceaux immédiats. Pour vous donner une idée, on navigue au niveau des mélodies dans les eaux de Trains To Brasil des Guillemots.

S’agit-il de l’album parfait dès lors ? Non, parce qu’il souffre d’une caractéristique presque inévitable dans un album plus léger : il y a un décalage entre l’excellence de certains titres qui deviennent des singles et le reste. On a un peu cet effet-là ici. On peut deviner les prochains singles. L’écoute de ce genre prend toute sa saveur par touches réduites, mais si l’envie vous vient de passer à l’album complet, vous ne serez pas déçus. Car en sus des morceaux mentionnés ci-dessus, le reste est au minimum sympathique (Girl Sailor), voire intéressant quand ils sortent de leur format de 3’40" (Sea legs). Il ne reste au final que quelques morceaux plus faibles, situés à la fin de l’album. A ce moment de l’écoute, la lassitude joue aussi.

Comme complément léger aux autres tyrannies sonores relatées par ailleurs, The Shins s’impose comme une valeur sûre. Ils ont peut-être perdu en âme ce qu’ils ont gagné en efficacité mais leur public est amené à s’étoffer avec ce Wincing The Night Away. Dans le genre pratiqué de la musique écoutable n’importe où et n’importe quand, c’est un de mes conseils du moment.

Article Ecrit par Marc

P.-S.

Dans le but de rentre intelligible le premier paragraphe, voici l’extrait du film dont il est question

http://www.youtube.com/watch?v=BZW4FoB5T6g

On vous donne même la version française au doublage pas formidable :

http://www.youtube.com/watch?v=N7SFzv99od0

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