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The Chase - The Chase

mardi 19 avril 2011, par Marc

Avant que ça ne commence


Il y a plein de manières de rater un album pop et on ne va pas s’y attarder pour essayer plutôt de trouver par quels moyens on peut en réussir un, chose finalement pas si courante que ça. Il faut évidemment réussir les morceaux et surtout en trouver quelques-uns à mettre en avant, le single pouvant passer en radio restant une valeur sûre de promotion. Réussir un EP et remplir les trous n’est pas une façon satisfaisante de constituer un album. Le groupe de Montpellier a en tout cas soigné les compositions et compte sur un sens mélodique aigu (I Like U) ainsi que sur la production d’un certain Mark Plati ayant collaboré avec The Cure, Alain Bashung ou David Bowie.

Pour faire décoller ces morceaux, ils comptent sur la chanteuse à la voix canaille qui peut évoquer à la fois Betty Boop et Rosemary de Moriarty qui se lancerait sur la piste après quelques mojitos bien tassés (ce qui ne lui ferait pas perdre sa maitrise).

La tête de gondole est certainement Butterfly (In My stomach) sur laquelle la basse a pu faire renaitre le spectre du Manchester des années ’90. Il ne faut sans doute pas exagérer, cet très sautillant morceau est simplement une petite capsule d’énergie qui profite de la variété de l’album. Dans un genre sans doute plus subtil mais plus sucré, ma référence reste The Cardigans.

Et comme pour nous montrer que la musique n’est pas secondaire, on a droit à quelques instrumentaux. Bath a sans doute été le résultat d’une mélodie assez bien fichue mais qui ne se prêtait sans doute pas à des paroles, The Solo tourne un peu en rond alors que Minimoog tient bien mieux son rang.

Tout ou presque ici fait mouche. La mélancolie est souvent de façade ou temporaire (Goodbye Mr No), puisqu’ils privilégient logiquement une certaine énergie. Mais il faudrait parfois la pousser au maximum, l’exagérer pour qu’une simple énumération (B.IG. C.I.T.Y.) puisse fonctionner. La simplicité de What’s In Your Eye cachait ainsi un lâcher de chevaux qui fonctionne bien. Le plus important est difficile à définir mais saute aux oreilles. On pourrait prendre pour un manque de confiance cette volonté de ne jamais vraiment laisser retomber le tempo, mais cette manière sans doute délibérée ne desserre jamais son étreinte, et tout passe sur l’énergie, sur l’enthousiasme. On le sent au détour d’It Could Be Nice qui pourrait s’apaiser sans dommage.

Difficile d’asseoir des mots sur un album qui m’a accompagné aussi longtemps, qui m’est devenu aussi familier. Mais en vertu de tout ce qu’on a énoncé ci-dessus, il semble clair que The Chase vient de réussir un album pop. C’est une impression personnelle, mais je vois dans cet album l’œuvre de musiciens aguerris impatients d’en découdre et il ne m’étonnerait pas qu’il trouve son public. Je prends le pari.

Article écrit par Marc

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