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Editors - The Weight of the World

lundi 1er juillet 2013, par Marc

Ce n’est qu’un au-revoir


Peut-on attendre une surprise d’un groupe qu’on pense bien connaitre ? C’est sans doute ce qui m’a poussé à écouter cet album d’Editors même si depuis l’album précédent, ils semblaient dévier de leur camp de base établi en terres cold. Cet album est donc la suite logique d’In This Light and On This Evening. On s’attend à un son bigger than life et c’est un peu ce qu’on a sur le calme et puissant The Weight dont la fin laisse poindre une dérive pompière. Mais c’est pour la bonne cause, et ce n’est pas comme si cet album d’Editors nous prenait par surprise.

La voix est un marqueur évident et sans elle, A Ton Of Love pourrait être un U2 récent, un peu empâté mais pas trop, confortable et ronronnant, ceux qu’on écoute poliment en attendant les tubes. Avec un peu plus de puissance parce que le public est sans doute plus jeune. Étrangement, cette voix m’a semblé proche de Dead Can Dance. C’est manifeste sur Sugar (morceau qui pêche sans doute par des violons trop synthétiques). On retrouve donc l’expressivité altière de Brendan Perry. En voix de tête, c’est évidemment très différent et carrément pas top (What is This Thing Called Love). Je ne dirais qu’un mot : Ouille. On a appris sans surprise le goût de Smiths pour le sucré lors de son escapade Smiths & Burrows. Mais les albums de Noël, c’est comme Bollywood, c’est tellement éloigné de nos habitudes qu’on peut apprécier ou pas (plutôt ou pas dans mon cas) mais le gap culturel ne nous permet pas de l’appréhender sereinement.

Sur le second album, tout marchait, et on était emportés presque malgré soi, le cerveau disant que c’était facile et les autres organes qui succombaient malgré tout. C’est une impression éminemment subjective (comme toutes les impressions, en fait…) mais qu’on a pu revérifier à chaque fois qu’on a recroisé l’album. Maintenant, les guitares cèdent souvent la place à des nappes de synthé et de violon. Bon, la voix de Smith peut tenir l’espace sonore toute seule, c’est certain.

Oui, il reste un peu de guitare au fond de Formaldelhyde. Les chœurs ne sont pas un problème en soi, mais sur ce morceau, ça ajoute une dose de sucre qu’on aurait aimé éviter. Ecoutez n’importe quel morceau du second album pour constater le gros bond en arrière (et c’est super dangereux de sauter en arrière…).Les hohooo d’Honesty lorgnent plus du côté de Coldplay (pas trop loin, donc) que de Joy Division. Finalement, Interpol a eu un virage bien moins brusque vers le coté public de la force

L’album précédent comportait au moins un tube patenté, le seul de leur carrière sans doute. Pas vraiment d’équivalent à Papillon ici, même si certains morceaux font encore bien plaisir aux oreilles (Phone Book).

Editors sort de mon radar. C’est insignifiant et ne devrait pas gâcher votre plaisir si vous aimez ça. Le talent n’est pas parti, il est simplement allé s’exprimer dans une forme qui m’enthousiasme moins. Toute la différence entre ‘c’est pas bon’ et ‘j’aime pas’ est là. Au revoir Editors, je vous dois beaucoup, bon amusement pour le reste de votre carrière.

Article écrit par Marc

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