Accueil > Musique > 2014 > Low Roar - 0

Low Roar - 0

lundi 1er septembre 2014, par Marc


On est toujours contents de dénicher du plaisir musical inédit. Mais une des autres satisfactions est de pouvoir suivre un artiste, le retrouver de temps à autres pour voir ce qu’il a décidé de nous offrir. Et le Californien Ryan Karazija a toujours beaucoup à nous proposer. A l’instar de Spencer Krug qui est allé puiser l’inspiration dans un exil à Helsinki (dont il est revenu du reste), Karazija est parti en Islande, île à la beauté soufflante (il paraît) qui est le terreau de bien belles choses musicales.

D’une délicatesse ultime dès le long premier morceau, Breathe In renoue le fil de cette musique. Ce qui nous vaut de bien jolies choses (Half Asleep, I’m Leaving), parfois simplissimes comme In The Morning et sa petite guitare. Mais il ne se cantonne pas à une seule manière, laissant souvent les morceaux prendre l’air.

Quelques notes basses, une nappe de synthé et puis cette voix toute douce, voilà Nobody Loves Me Like You qui est habillé. C’est un peu lent, répétitif, mais tout à fait jubilatoire. Encore une fois, c’est un album qu’il faudra aller chercher soi-même mais si vous aviez déjà aimé le précédent, vous savez tout ça. Le très beau Easy Way Out à écouter ci-dessous n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’extase discrète des Antlers (un très beau gimmick de spleen lourd) quand la fin bien ample de Phantoms va plutôt lorgner du côté de ses nouveaux voisins de Sigur Ros. Please Don’t Stop (Chapter 2) a droit lui aussi à ce traitement et c’est encore une fois très réussi.

Vocalement, on peut penser à ce qu’on entendrait si Hot Chip ralentissait le tempo avec des secousses telluriques (I’ll Keep Coming, I’m Leaving) C’est donc plus ouateux, plus porté vers le blottissement que vers une mélancolie pure et dure. Et les sensations sont là aussi.

Le pouvoir de fascination n’est plus le même sans doute, mais cette fois, Low Roar s’installe chez nous pour longtemps. Ecoute après écoute, 0 s’insinue et ne nous lâche plus. Ce n’est pas vraiment un coup de foudre, mais une affection qui grandit et qui ne cessera pas de sitôt.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Nadine Khouri - Another Life

    Quand on retient un nom des années et des centaines de critiques plus tard, c’est plutôt bon signe, non ? C’est ce qui s’est passé avec Nadine Khouri dont l’écho de The Salted Air résonne encore à l’heure de découvrir cet Another Life. Ce n’est pas qu’il était flashy pourtant, ou que le style soit si singulier. Mais les morceaux font leur chemin tout seuls. Il y a des artistes qui font ça mieux, c’est comme ça. On retrouve logiquement ces qualités ici. Et d’emblée, avec un Another Life presque arrêté. On (...)

  • Get Well Soon - Amen

    Avec 17 ans de bons et loyaux services, ce site a forcément vécu bien des découvertes d’artistes à leurs débuts. Certains ont filé à travers les filets lâches de la mémoire, d’autres sont restés vissés en permanence dans le champ des radars. Evidemment le groupe allemand Get Well Soon fait résolument partie de la seconde catégorie. On a suivi de très près leur évolution, concert après album. On sait aussi que si ce sont d’excellents musiciens (sept au dernier comptage), Get Well Soon est surtout le projet de (...)

  • Lana Del Rey - Blue Banisters

    Les albums de Lana del Rey se succèdent à une telle vitesse qu’il n’est plus vraiment nécessaire de replanter le décor. Il ne s’est écoulé que sept mois depuis le précédent. Ce rythme de publication permet d’essayer des choses. Evidemment, le risque de dispersion est réel mais on ne doit rien déplorer dans ce secteur non plus. Notons aussi qu’un bon tiers de ces morceaux ont été composés il y a quelques années.
    Cette fois-ci elle s’est non seulement libérée des concerts qui ne sont pas son mode (...)

  • PLEINE LVNE - Heavy Heart

    Faut-il remplacer les artistes, leur trouver à tout prix des substituts ? Non évidemment, ce serait négliger leur singularité. Pourtant, on peut trouver dans une découverte le prolongement de ce qu’on a autrefois aimé ailleurs. Ne tournons pas inutilement autour du pot, le Lyonnais Nicolas Gasparotto nous ramène immédiatement auprès du regretté Nick Talbot (Gravenhurst) et il va de soi que c’est une proximité qui fait plaisir. C’est est presque troublant.
    Que la guitare soit seule (Foudre) ou (...)