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Anna von Hausswolff - Dead Magic

lundi 12 mars 2018, par Marc


La qualité d’un artiste peut aussi se mesurer à sa propension à transcender le style qu’elle ou il est sensé.e exercer. Si on devait étiqueter la chanteuse de Göteborg, on serait tenté d’utiliser l’épithète de ‘gothique’. Comme le genre est large et confine aussi au portnawak comme le confirme le retour d’Evanescence, on n’appuiera pas trop sur l’étiquette pour ne pas qu’elle attache trop.

Du reste, elle n’en revendique aucune, et on préférera la comparer à elle-même. Ceux qui comme nous avaient déjà bien apprécié son précédent The Miraculous ne seront ni déçus ni déroutés. Il faudra évidemment une oreille bien attentive pour distinguer que l’orgue qui sert ici est un peu différent. Cet album a en effet été enregistré en neuf jours à Copenhague dans l’église Marmorkirken. Ce n’est pas du décorum, ce son apporte quelque chose et il suffit d’écouter l’instrumental The Marble Eye pour se convaincre qu’elle s’en contente pour séduire et émouvoir. Cet instrument transcende aussi Kallans Ateruppstandelse qui arrive à garder intensité et placidité.

Les morceaux de cet album sont par ailleurs plutôt longs et proposent logiquement une progression. Ugly and Vengeful se tire sur plus de 16 minutes et même si elle ne joue pas sur la vitesse et que l’intensité vient d’ailleurs, il y a une franche accélération, une évolution marquée. The Truth, The Glow, The Fall aussi part du sol, avec un ce fameux son d’orgue. La voix y est déjà bien en place, mais n’atteint pas la rage du morceau suivant. Elle arrive en tous cas à mêler une lourdeur de bon aloi à sa belle voix altière qui parfois prend les accents hiératiques de Lisa Gerrard (Dead Can Dance) mais avec une chaleur supérieure.

Mais le morceau de résistance, celui qu’on a déjà beaucoup écouté et qu’on écoutera souvent encore est The Mysterious Vanishing of Electra. Certains ont évoqué la rencontre des Swanset de PJ Harvey. Il y a un peu de ça dans l’intense pesanteur, sensation aussi renforcée par le souvenir d’elle en première partie du groupe de Michel Gira. Quand la voix se fait cri à la fin, on a tout la chair de poule. A chaque fois. Elle n’amène pas trop souvent sa voix à ces sommets, ce qui évite le systématique et donne plus de relief à ces moments. On est au-delà des genres.

C’est comme ça, certains y arrivent et d’autres pas. Dans la première catégorie on rangera sans doute aucun la Suédoise qui arrive à imposer une très forte personnalité dans un genre qui peut se révéler compliqué à transcender. Cet album confirme donc son statut à part et apporte un des morceaux de l’année et quelques longues pièces calmes et intenses à la fois.

Article écrit par Marc

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