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Los Campesinos - Hold On Now, Youngster

vendredi 22 février 2008, par Marc

Ereintante récompense


Souvent, on aborde des albums en sachant ce qu’on risque d’y trouver. Et il faut bien avouer qu’on a souvent raison. L’explication c’est qu’en connaissant plusieurs morceaux on cerne parfois vite une intention. On avait adoré vraiment le très réjouissant You !Me !Dancing !, un peu moins l’EP Stick Your Finger Into Your Sockets qui l’entourait et on aborde ce premier LP des Gallois avec gourmandise et à l’abri des surprises. Sauf que.

Le morceau qui a fait leur renommée et déjà mentionné figure en huitième position (sur onze morceaux en comptant le morceau bonus). C’est en quelque sorte le climax d’un genre qui s’applique dans les mêmes variations. Car s’ils ont plusieurs couleurs à leur palette, ils les mêlent joyeusement et proposent souvent le même mélange. On a d’excellents moments comme le premier Death To Los Campesinos ! mais d’une manière générale, la nervosité se révèle plutôt éreintante sur la longueur lors des premières écoutes. Oh je sais ce qu’on dit : si ça va trop vite et trop fort, c’est que je suis trop vieux. J’assume mais un brin de variété n’est jamais inutile. Il y a des moments où ils sortent les doigts de la prise, le temps d’un début de morceau, avant qu’exactement le même schéma ne reprenne (Don’t Tell Me To Do The Math).

Dans le jeu des familles musicales, on retrouve la patte des joyeux doux-dingues Aussies d’Architecture In Helsinki (My Year In Lists) et quand ils se font moins nerveux, le gloubiboulga sonore n’est pas sans rappeler le Broken Social Scene du dernier album (We Are All Accelerated Readers), ce qui n’est qu’à moitié étonnant quand on sait que c’est un membre du collectif (Dave Neufeld) qui est aux manettes. D’une manière générale, c’est très frais, hurlé à plein poumons et dégage un humour un peu obscur pour ceux qui comme moi n’ont pas le même univers de références qu’eux (dix ans de plus et une autre langue ça n’aide pas il faut dire). Un violon occasionnel vient même renforcer le tout (Knee Deep At ATP).

C’est donc seulement après 8 titres que l’évolution se fait sentir. La fin d’And We Exhale and We Roll Pour Eyes In Unison annonce ce qui va suivre, à savoir une augmentation de l’intérêt au détriment de l’hystérie. Ce n’est cependant que sur le suivant Sweet Dreams, Sweet Cheeks que tout leur talent explose, que l’intensité monte d’un bon cran, les mettant à égalité avec, disons, My Latest Novel ou autre Ra Ra Riot, ce que le reste de l’album leur interdisait. Même le morceau caché (arrêtez donc ce tic…) enfonce le clou de l’épaississement du propos.

Donc, dans le style pop nerveux, c’est un des rares groupes à tenir la distance d’un album même si l’ordonnancement des morceaux use un peu et se révèle même un peu excessive pour moi. La bonne surprise, c’est que quand ils sortent de leurs schémas ils sont meilleurs, avec un des tout bons titres de cette année. Il y a comme une odeur de fin d’hiver par ici.

Article écrit par Marc

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