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Kwoon - When The Flowers Were Singing

dimanche 24 janvier 2010, par Marc

Intense douceur


Il y a les auteurs tonitruants, ceux dont on connaît la tête par cœur sans toujours se rappeler quel est leur talent à la base. Et puis il y a les artisans qui polissent dans leur coin ce qui donner satisfaction à des auditeurs curieux. C’est évidemment dans la seconde catégorie que se classe le Français Sandy Lavallart, le cerveau derrière le projet Kwoon avec lequel il revient trois ans après Tales & Dream, cette fois avec des accompagnants.

C’est dans d’acérés nuages de guitare que se lancent ces hostilités. Comme chez un Joy Wants Eternity placide. Plus post-rock/shoegaze que ça tu meurs. Mais la suite ne suivra pas nécessairement cette voie. Tant mieux si on évite l’album trop monolithique après tout. On aura encore cette tendance plus classique sur un morceau comme Great Escape mais c’est dans une autre forme de mélange que l’album prend tout son sens.

L’apposition de climats purement instrumentaux qui acceptent parfois des voix, on en connaît quelques exemples, de Siver Mount Zion à Sigur Ros ou Iliketrains. Ce mélange a donc déjà été tenté mais c’est le résultat qui compte. Peut-être que je m’avance un peu, mais sur certains morceaux il semble que le chant est venu se greffer sur cette musique. Il est agréable, certes, mais pour ceux qui comme moi peuvent écouter sans ennui de la musique instrumentale, c’est un peu superflu sur Great Escape.

D’autres morceaux proposent un équilibre bien plus satisfaisant. Par exemple, un morceau comme Schizophrenic est de toute beauté. Autour d’une chanson simple viennent se greffer guitares et violons intenses qui atteignent de vrais sommets d’intensité. Le ton tout doux et au service de la musique atténuant toute velléité de sonner trop frenchy. C’est un des tous bons moments de ce début d’année sans doute aucun. Pour le reste, les passages vocaux évoquent souvent ce qu’on a pu entendre chez Sigur Ros (Frozen Bird ou Labyrinth Of Grinch). Avouez qu’il y a des comparaisons qui dérangent plus.

Le temps neigeux actuel correspond assez bien à cette musique en apesanteur. C’est sans doute assez conjoncturel comme remarque mais l’analogie peut vous permettre de vous faire une meilleure idée. Signalons aussi que comme souvent avec les groupes du genre (sur album du moins), il y a une bonne maitrise technique qui prend l’auditeur dans le sens du poil. C’est donc le versant plus cotonneux, qui ménage des montées, certes, mais la recherche du paroxysme à tout prix n’est pas leur priorité. Ils se concentrent donc sur leur songwriting et c’est une bonne chose. Pas de montagnes russes donc, même si le schéma des alternances revient sur Ayrn Norya qui attend presque la fin de ses 10 minutes pour mettre le feu aux poudres. Cet embrasement-là rappelle Mono d’ailleurs. Signalons aussi que le dernier morceau (non titré) est constitué de bruits de vent qui installent une ambiance bien inquiétante. Comme si une présence non identifiée nous menaçait.

Original est un qualificatif qu’on peut rarement apposer à un album de sonorité plus post-rock. Mais on s’en moque parce que souvent la personnalité d’une formation repose sur son propre dosage d’ingrédients connus. Ce sont donc des arrangements parfois somptueux qui viennent appuyer des chansons plus simples qui donnent tout leur sens à cet album qui distille une intense douceur.

http://www.kwoon-music.com/
http://www.myspace.com/kwoonmusic

Article écrit par Marc

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