Accueil > Critiques > 2012

Meursault - Something For The Weakened

lundi 12 novembre 2012, par marc


Il est des albums qui tombent à pic. Prenez ce Meursault par exemple, arrivant en même temps que la première écume de la vague de la rentrée mais avant qu’elle ne nous submerge complétement, il a permis de patienter dans la disette de l’été. Malheureusement pour lui, il doit attendre l’accalmie de l’automne pour que l’article paraisse.

Je ne sais jamais comment définir ce que j’aime en musique. Par contre, je peux tout de suite me rendre compte si je vais continuer à écouter un album. Je suppose qu’on est tous dans le cas. Thumbs me donne cette envie de prolonger le plaisir. Ce folk ample, misant plus sur l’électricité que sur les couches de son, est tout à fait à mon goût en tous cas. Comme ceci est le troisième album de Meursault, il est probable que vous les connaissiez déjà, et d’autres nous l’ont déjà chaleureusement conseillé.

Meursault aime ces morceaux tout calmes, de ceux dont on devine dans le tempo lent que quelque chose se prépare. Comme le chantait Bob Dylan « Like the stillness in the wind before the hurricane begins ». Dearly Distracted se laisse aller dans un final électrique assez chargé du plus bel effet. Port O’Brien aimait aussi ces digressions mais ils étaient plus nerveux dans leur exécution. Meursault aime visiblement prendre son temps pour arriver à déclencher l’orage où et quand il l’a décidé. Parfois cependant on attend et rien ne vient (Hole).

Outre la regrettée formation californienne, j’aurai aussi associé ce groupe à Freelance Whales, voir Fanfarlo première époque (Dull Spark), mais avec un son plus granuleux, moins lisse. Et des éructations plus râpeuses également. Cette voix tremblante qui convient bien au justement nommé Lament For A Teenager, lui apporte une bienvenue sensibilité. Que l’on retrouve délicatement mise en évidence par la très jolie combinaison de piano et de violon de Mamie. C’est peut-être ce qui les éloigne de certaines formations américaines qui donnent l’impression de revenir des moissons.

Le petit plus de Meursault, c’est une sensibilité qui rend cette musique un peu plus brute que jolie, plus incisive par moments. Cette tension permanente, cette voix constamment à la limite de la rupture peut aussi être un frein, j’en suis conscient. Mais si vous suivez, même occasionnellement, nos conseils, ceci en est un.

http://www.myspace.com/meursaulta701

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

2 Messages

  • Meursault - Something For The Weakened 19 novembre 2012 19:28, par MMarsupilami

    Dans un premier temps, j’ai été déçu : Meursault, en ayant accès à un "vrai" studio (puisque c’est le cas pour la première fois) a perdu le cachet "épique-bricolo-folk" de son fabuleux album précédent. Le son s’est nourri au gré de nouveaux arrangements et accompagnements et la hargne -que certains trouvaient surfaite, mais qui me tirait presque des larmes d’émotion-, si elle ne s’est éteinte, s’est amortie. L’album est ainsi resté de côté. Mais les écoutes répétées que cela implique -les occasions où je laisse aller les listes Itunes au gré du temps ne se comptent plus dans une discothèque peu renouvelée- ont révélé la richesse de ce nouvel album. Une nouvelle voie où la tension est autre et la beauté magnifiée et assagie. Une musique qui peut décorer une sieste de nostalgie et relever un temps d’arrêt de mouvement lent...

    repondre message

    • Meursault - Something For The Weakened 20 novembre 2012 12:26, par Marc

      Bien honnêtement, j’étais passé à côté de ce qu’ils ont fait avant, même si j’avais retenu ton conseil. Je peux donc difficilement faire une comparaison avant/après. Par contre, les écoutes se sont accumulées depuis la sortie de l’album et il tient bien la distance, même si le ton toujours ’à la limite’ est à réserver aux moments où on est disposés.

      repondre message

  • My Name Is Nobody - Merci Cheval

    La veille musicale est un engagement à temps plein. Une fois qu’on a aimé un.e artiste, il semble logique de suivre sa carrière. Pourtant il y a trop souvent des discontinuités. Mais il y a aussi des possibilités de se rattraper. La présence de Vincent Dupas au sein de Binidu dont l’intrigant album nous avait enchantés en était une. On apprend donc qu’il y avait eu un album en mars et l’occasion était (...)

  • The Decemberists – As It Ever Was So It Will Be Again

    Il y a quelque chose de frappant à voir des formations planter de très bons albums des décennies après leur pic de popularité. Six ans après I’ll Be Your Girl, celui-ci n’élude aucune des composantes de The Decemberists alors que par le passé ils semblaient privilégier une de leurs inclinations par album.
    On commence par un côté pop immédiat au très haut contenu mélodique. On a ça sur le limpide Burial (...)

  • Louis Durdek – Unnamed Road

    Les chanteurs français folk-rock qui s’expriment en anglais sont légion et nous ont déjà valu quelques bons moments. On ajoutera donc le Breton Louis Durdek à une prestigieuse lignée qui comprend aussi des artistes comme The Wooden Wolf, JJH Potter ou Gabriiel.
    Il est très compliqué de se singulariser stylistiquement sauf à quitter le genre, c’est donc la solidité des compositions et de (...)

  • Bélier Mérinos - Triste mais en tout temps joyeux

    On en a connu, des noms d’animaux. Etrange à dire sans doute, mais le nom derrière lequel se cache Geoffroy Pacot correspond plutôt à la musique, fondamentalement champêtre mais dénuée de pittoresque.
    Traduire un paysage en musique est sans doute une des entreprises les plus compliquées qui soient mais ce genre de post-rock bucolique y arrive, avec ce qu’il faut de field recordings et d’arpèges (...)