lundi 14 octobre 2013, par

Les talents d’Anders
S’il est une chose qui semble admise par tous, c’est que le Danois Anders Trentemøller a du talent. Plusieurs talents même. Ne chantant pas lui-même (non, il ne sait pas tout faire), il est logique qu’il fasse appel à des vocalistes, avec une nette préférence pour les voix féminines mélancoliques. Pas de diva disco ici, mais du bien personnel, du hanté parfois. Le personnel de Low rend en tout cas The Dream magnifique de spleen. On est aussi bien contents de retrouver Jana Hunter sur Gravity, et on se dit qu’il serait temps de rattraper la discographie de Lower Dens. La voix de Marie Fisker donne quant à elle un petit côté Portishead à Candy Tongue. On le voit, il recherche plus des personnalités que des noms ronflants et on n’est donc pas étonnés de retrouver la belle voix triste de Kazu Makino de Blonde Redhead sur le marécageux Come Undone.
Vous vous êtes déjà demandé à quoi ressemblerait A Place To Bury Strangers avec une voix féminine ? Non sans doute, pourtant la réponse existe et s’appelle River Of Life dont la transe bruitiste est proche de la formation de Brooklyn à un point que c’en est troublant. On attendrait la voix sépulcrale d’Olivier Ackermann sur le terrifiant To Fix The Gash In Your Head et on a celle de Sara Savery de Ghost Society.
On le voit, cet album varie les ambiances. Ou plutôt, enchevêtre deux inclinations de façon un peu étrange plutôt que les apposer simplement sur deux ‘faces’ comme l’a fait plus tôt dans l’année l’excellent Jon Hopkins. D’un côté, c’est donc un album de producteur, comme le sont ceux de Death In Vegas ou des Chemical Brothers (voire Fitzcarrado Sessions dans un genre pour le moins différent) puisqu’il semble à chaque fois proposer un écrin sur mesure aux collaborations. On ne retrouve donc pas, ou bien moins, sa faconde de sorcier du son. Son autre côté s’incarne par exemple sur Morphine qui est plus proche de la veine du premier album ou Haze qui propose aussi ce caractéristique emballement contrôlé. Trails est intense et sombre, et présente lui aussi deux faces distinctes. Comme sur le précédent, il s’offre une petite escapade et c’est sur Constantinople que ça se passe. Le chouette Still On Fire avec sa basse années ’80 qu’il avoue inspirée de Cure vient quant à lui apporter une touche un peu dark bienvenue
Si on isole certains morceaux de Lost, on a une excellente compilation au son dense et envoûtant mais pris dans son ensemble, il alterne les contrastes à une telle vitesse qu’il est impossible d’être dans la bonne disposition pour tout en même temps. Anders est à la croisée des chemins, c’est une évidence. Il va falloir qu’il trouve l’équilibre entre deux de ses talents (un troisième serait son aptitude à remixer), celui de proposer des atmosphères sur mesure à des collaborateurs de talent et celui qui le verrait tracer sa voie tout seul comme artiste électronique.
http://www.anderstrentemoller.com/
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