vendredi 27 mai 2016

Inclassable est une épithète qu’on décoche un peu vite quand un groupe est rétif à la critique frontale. La carrière de Yeasayer a commencé sous le signe de la pop ensoleillée qui avait cours à l’époque et puis viré vers une pop très orientée vers les années ’80. Rien de bien exotique ou follement nouveau sur le papier, mais les résultats avaient plu. Question de perception évidemment, mais il semble qu’ils en font maintenant la synthèse tout en s’en éloignant sensiblement et en y mêlant des éléments nouveaux comme une relecture personnelle d’une certaine pop psychédélique vintage.
Daughters of Cain pourrait être un Pink Floyd primitif, puisant dans une pop ensoleillée et un peu lysergique telle qu’on l’aimait à la fin des sixties. Le son lui-même n’utilise pourtant aucune des ficelles de vieillissement artificiel, il est même résolument ancré dans l’époque. On entend certes un peu de ithare sur Half Asleep, voire même du clavecin sur l’interlude instrumental Child Prodigy.
Les meilleurs morceaux sont ceux qui montrent deux visages. I Am Chemistry dévie en son milieu, ne reculant même pas devant les chœurs d’enfants, comme si Kevin Barnes faisait semblant de s’acheter une conduite. On peut donc aussi rapprocher l’éclectisme hystérique d’Of Montreal. On retrouve aussi des traces de cette folie sur le début de Gerson’s Whistle. Mais comme pour mieux montrer qu’ils ne sont pas dupes, ils remontent par des chœurs inspirés, se présentant plutôt comme un Menomena(Dead Sea Scrolls) dont le but serait d’absorber des cocktails immenses.
Notons aussi que le visuel signé par le sculpteur David Altmejd et qui s’animent ci-dessous renforce autant l’aspect barré que l’impression qu’il y a un plan là -derrière. Le plus déconcertant est que si l’album passe très bien d’un coup, ça semble tirer dans tous les sens quand on en fait le détail, passant du plus là¢che Cold Night au très pop Silly Me en passant par un début presque ambient pour Prophecy Gun. On ne fera donc pas encore définitivement le tour du groupe de Brooklyn, pas plus qu’on ne le cernera facilement. Et c’est très bien comme ça.
L’avantage du temps qui passe, c’est qu’un moment donné, il ne sert plus à rien de ’courir après’, les modes sont passées et rester soi-même est la stratégie la plus payante. On l’a constaté avec les albums récents de Broken Social Scene, Ladytron ou The Notwist et c’est déjà ce qu’on ressentait il y a onze ans au moment de la dernière critique publiée (on avait involontairement manqué The (…)
Une pochette toujours foisonnante mais en noir et blanc cette fois-ci, c’est le premier contact qu’on a avec ce treizième album critiqué en nos colonnes. On a donc une familiarité certaine avec la formation de Kevin Barnes mais on sait aussi que ses aspirations du moment influencent sensiblement le résultat, du plus calme au plus délirant. Donc, dans le contexte d’un album d’of Montreal, ceci (…)
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être rà¢peux, c’est toujours (…)