mercredi 28 novembre 2018

Musique du monde. C’est un genre en soi, voulant rendre accessible les particularités régionales, si possibles exotiques. La voie ici est inverse, on tente de voir comment la sensibilité d’un artiste provenant forcément de quelque part donne une touche particulière à un genre pratique dans le monde entier. Avec Motoramaet sans doute plus encore Utro, c’est une sensibilité différente qui habite ce post-punk de haute volée.
Certaines étiquettes peuvent être amusantes. Celle qui a été choisie par Motorama est Gothic Balearic Wave. Une fois le sourire passé, il faut dire que cette apparente contradiction a son lot de pertinence. Les guitares sont certes froides mais restent un rien nerveuses (Homewards), on est plus proche de groupes comme Memory Tapes que du post-punk orthodoxe. Le son reste cependant plus franc du collier, moins ‘flou’, pas toujours loin de la pop à guitares.
Parce que cette mélancolie enjouée (No More Time) se base sur les mêmes principes. Cette guitare donc assure souvent l’avant-plan, moins la basse comme chez Utro. Et quand on retrouve une quatre-cordes bien présente, c’est souvent en conjonction avec un synthé simple (This night).
Le groupe de Rostov-sur-le-Don revendique une influence de la scène new-wave de l’ère soviétique, ce qui est un peu compliqué à vérifier pour nous mais on les croit sur parole. Ce qu’on constate c’est qu’ils privilégient les mélodies simples qui fonctionnent et qu’on aime aussi quand ils se font plus lents en lancinants (He Will Disappear).
Ce genre de court album (dix titres pour 31 minutes) pourra attendre son moment. Mais ce moment pourra arriver bien vite et frapper juste et fort. Sans doute qu’il comblait une envie du moment, mais il est arrivé à point pour moi. à‰trange et insaisissable formation russe, Motorama arrive à ajouter un peu de soleil triste dans son post-punk sincère. L’alternance de ses albums avec ceux d’Utro offre en tous cas un équilibre très poussé. Il est donc indispensable ou à tout le moins fortement conseillé d’appréhender tout le spectre de ces Russes en se plongeant dans ces deux discographies complémentaires.
Déjà bien présents en nos colonnes l’an passé, les artistes venus de Suisse reviennent d’emblée pour enchanter l’année qui ne fait que débuter. Le quatuor du jour propose un premier album expressif mais qui évite toute dérive pompière. Et on aime beaucoup.
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Certes il y a les historiens, mais rien ne vaut ceux qui ont vécu une époque. Ce n’est pas un hasard si c’est un authentique Wireophile qui a attiré notre attention sur cet album (et il en parle très bien). Bassiste et fondateur des légendaires Wire, Graham Lewis a déjà sorti des albums quand la plupart des défenseurs actuels du genre (Squid par exemple) n’étaient pas nés. En sus du groupe de (…)