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Antony And The Johnsons - Cut The World

jeudi 23 août 2012, par Marc


La liste a beau diminuer, il reste tout de même un paquet d’artistes que j’apprécie et que je n’ai jamais eu l’occasion de voir en concert. Et Antony en fait partie mais soyez certain que j’ai à cœur de combler cette lacune, rendue encore plus criante par cette sortie.

Les albums d’Antony semblaient faire une part de plus en plus grande à l’expérimentation. Non pas que l’influence de David Tibet (le créateur de Current 93 qui l’a découvert) le pousse au terrorisme sonore, mais on sentait sur The Crying Light et encore plus sur Swanlight une volonté de ne pas se cantonner à la balade au piano à l’expressivité suraigüe. Pour ceux qui comme moi saluent la volonté d’originalité mais apprécient aussi qu’un artiste se cantonne à ses qualités, cet album est assez réjouissant.

Ce concert, enregistré au Danemark avec l’aide du Danish National Chamber Orchestra, est donc très ample, très travaillé, mais ne tombe pas dans le piège de l’album ‘symphonique’ pompier. Les albums sont déjà très produits, très riches, donc il n’a pas dû se creuser la tête et se demander comment il en remettrait une couche. C’est loin d’être minimaliste, mais l’aspect ‘night of the proms’ est tout à fait absent, sans doute parce que c’est sa voix qui est au centre des débats. Et puis parce que ces musiciens doués sont visiblement très à l’aise avec ce répertoire.

Pour atténuer l’impression d’un album studio best-of, certaines interventions ont été gardées, comme cette étrange tirade sur le cycle de la lune et des menstruations, ou l’importance d’un modèle matriarcal. Sans doute que ces interludes semblent plus à leur place lors d’un ‘vrai’ concert. Mais cette seconde plage montre une facette plus humaine (non que la musique soit désincarnée, au contraire) qui fait contrepoint à la perfection sonore du reste (les applaudissements sont très discrets). Oui, il en fait des tonnes, cette voix est très précieuse, mais il a cette grâce qui fait tout passer, cet aplomb qui ne le rend jamais mièvre, une implication qui rend intense.

Et puis il y a ces morceaux chéris, tant écoutés et qui pourtant ne lassent pas encore, comme You Are My Sister. Plus lente, encore plus langoureuse, cette version sans Boy George est tout à fait digne de notre souvenir et à une intro assez judicieuse. Le reste fait le tour de la discographie, rappelant le très beau Cripple And The Starfish. Par la justesse, l’ampleur et la sélection des morceaux, on se dit que c’est peut-être son album qu’on sera amenés à réécouter le plus souvent. Et pour ceux qui ne le connaitraient pas ou mal, il peut servir de très pertinente introduction.

Article écrit par Marc

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