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Séance de Rattrapage #25

mardi 19 août 2014, par Marc


Une séance de rattrapage plutôt orientée ’découverte’, avec trois sorties chez Five Roses Press.

Anubis - Hitchinking To Biza

Pour vendre un film à un producteur, il faut un pitch. Concis, percutant, qui ouvre largement le portefeuille. Cette habitude n’est pas trop ancrée dans le monde musical pourtant, il est souvent tentant de se lancer dans l’exercice pour décrire des groupes qu’on découvre. Ainsi, je pourrais vous vendre « Arid chante Pink Floyd ». Et là, je sens qu’un rien de curiosité vous pique.

Parfois, Anubispourrait être peu trop léché pour être honnête, mais vraiment agréable. C’est là qu’on retrouve l’impeccable propreté des derniers albums du Pink Floyd. Un certain vintage hiératique donc, mais avec un chant plus expressif qui n’est pas sans rappeler à Arid quand la voix s’envole sur Dead Trees. C’est aussi très flagrant sur les balades comme Tightening of the Screws.

Oui, il y a du solo est c’est impeccablement coiffé avec des sons qu’on penserait piqués à David Gilmour (A King With No Crown). Je crois que je viens de me trouver un plaisir coupable. Ceci dit, chacun mettra sa limite selon ses goûts. Crimson Stained Romance passe pour moi la ligne rouge alors qu’A Room With A View passe tout seul. Dingue, n’est-ce pas ? Il y a des choses plus nerveuses mais toujours policées (Blood Is Thicker Than Common Sense). Ça pourrait aussi être une version un peu propre sur elle de Cursive. Parce que je sais que vous raffolez de mes références obscures

Voilà, vous n’en savez sans doute pas assez, mais suffisamment si vous avez intérêt à croiser la route de ce groupe au nom de dieu égyptien. Ils ont en tout cas le mérite d’oser un mélange plutôt inédit et de l’exécuter impeccablement.

The Assyrians - Tundra

LAssiste-on à un retour du chant noyé, d’un psychédélisme aquatique ? Peut-être est-ce le hasard des sorties qui confronte The Assyrians, Niagara et A Sunny Day In Glasgow. Mais fort heureusement, le quatuor de Milan n’en fait pas trop son fonds de commerce, ou, plus précisément, ce n’est qu’une facette de leur style.

D’une manière générale, ils revisitent avec bonheur la mélodie tordue telle que le pratiquait le Pink Floyd des débuts (celui de Syd Barrett), avec un son qui colle mieux à notre époque. Et ce style, ils le déclinent à l’envi, du plus héroïque Bucaneer’s au plus psychédélique (Astronaut et ses caisses claires en liberté). Et le résultat peut être plus gentil et souriant (Darwin) ou au contraire plus solide (Orion), avec des mélodies à tous les étages (Oceans) et pas mal de changements de braquet. Un bien chouette album en somme.

Le son choisi pour exprimer la gentille folie des Assyrians n’est sans doute pas assez propre pour passer à la radio mais pour les amateurs éclairés que nous sommes, c’est une petite bulle pop psychédélique qui ne se refuse pas.

Niagara - Don’t Take It Personally

Oui, c’est un retour. Non, pas de ceux qui faisaient l’Amour à la plage mais de la formation italienne dont on avait apprécié l’éclectisme en matière de psychédélisme.

On retrouve donc logiquement la même amplitude et la même verve. Très éthéré, le premier morceau est comme un bodum, ou une valse lysergique tenté par My Bloody Valentine en descente de Valium. Le bien trippant Vanillacola n’est pas trop éloigné de ce qu’on aime chez Caribou ou Fujiya & Miyagi, voire The Aloof si vous êtes moins jeunes.

Fat Kaoss commence comme un Panda Bear mais ils n’hésitent pas non plus à pousser les curseurs vers plus d’électronique. Le résultat peut être expérimental (China Eclipse) ou un peu déconcertant (Speak & Spell). Certains morceaux sont plus ouateux, plus remplis de spleen électronique (Currybox). La vague chillwave est sans doute passé par là. Des instrumentaux ouateux (Popeye) dont la fin promettait d’être une rampe de lancement, mais non… Mais le moment le plus impressionnant est sans doute Else et sa résurgence distordue tout à fait jubilatoire.

Niagara pousse encore un peu plus avant son défrichage de la musique un peu psychédélique. Au programme, ce n’est pas la route de Katmandou mais un solide voyage interne, poussé par un éclectisme de bon aloi.

Article écrit par Marc

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