mardi 13 août 2019

Au moment d’aborder un album, on est parfois submergés par les informations, les intentions et les comparaisons aussi élogieuses que non pertinentes. Le collectif de Toronto (une vingtaine de membres quand même) ne suit décidément pas cette tendance tant il est compliqué de savoir qui fait quoi, voire qui en fait partie tout court. C’est sans doute voulu et cohérent avec le forcément un peu disparate résultat. Mais jamais on n’a l’impression d’entendre une compilation.
Dès l’intro au piano avec des voix bidouillées, on sait que la créativité débridée sera de mise. On passera au fil des 20 titres du hip-hop véloce et distordu (Devils Chainsaw) au folk bidouillé sur un morceau de 17 secondes (Fuct Up And Wasted ) en passant par une pincée de hip-hop old school sur Blanket Covers The Sun . Et après cet hilarant second morceau avec son interlocuteur malcomprenant, il y a encore After All These Years comme relecture des Bon Iver récents ou Fuct You en proto-punk forcément énervé.
Donc, non, ce n’est pas un long fleuve tranquille et il y a des moments plus rudes mais ces morceaux sont courts parce qu’ils charrient plein d’idées. On est donc partagés entre l’enthousiasme et un peu de frustration que certaines de ces idées n’aient pas plus de temps pour s’exprimer. On aurait aimé un peu plus de cette soul intense sur Shaw-Shank . Pareil pour le beat gras de Flombay ou la basse vrombissante de Ghost Beach .
Il faut donc s’accrocher un peu mais la vitalité et l’envie derrière ces courts morceaux sont vraiment revigorantes. Il semble impossible que rien n’émerge de ce bouillon de culture tellement en phase avec son époque.
Et a s’écoute ici : https://sonofmarketing.com/2019/06/21/streaming-fuctape-fuctape
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