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Malajube : Trompe-l’oeil

vendredi 8 décembre 2006, par Marc


Il y a eu Bristol, Manchester, Seattle et maintenant il y a Montréal comme ville-phare de la planète du rock. On peut évidemment penser que l’origine géographique ne fait pas tout. Ca doit aussi regorger de mauvais groupes là-bas mais quand on fait le bilan, il y en a aussi de sacrément bons. En voici un de plus donc.

La chanson française ne se marie pas souvent avec l’excellence purement musicale. Il y a plein d’exceptions bien sûr mais on a pour habitude de dissocier le fond de la forme quand on en parle. Malajube chante en français mais il s’agit plutôt d’un détail qu’il faut surmonter. Je veux dire par là qu’il m’a fallu au début passer outre la langue pour pleinement goûter à la musique. Puis elle devient une composante naturelle du tout donc on parlere donc d’un groupe qui a sa place dans la grande famille du rock indé montréalais (Wolf Parade, Arcade Fire, Final Fantasy, etc...) mais qui chante en français.

A quoi ressemble Malajube alors ? A rien et c’est bien comme ça. L’exubérance, la folie contenue sont en effet ses seules caractéristiques. Ce n’est pas un de ces savants dosages pour cross-overs de spécialités, c’est une vraie matière vivante. Le style le plus poche parfois est le glam’ rock, pour ce manque total de modestie ou de retenue. Prenez un morceau comme Montréal -40°C ou Le Crabe. Ils vous amènent où vous ne pensiez pas aller. De vraies montagnes russes. Et ils n’hésitent pas non plus à faire du bruit (La Fille A Plumes, Casse-cou) de temps en temps si l’intensité l’exige.

Avant qu’on découvre des preuves formelles de musique extra-terrestre, Arcade Fire produit ce qui se fait de mieux de ce côté-ci de la stratosphère. On y pense aussi parfois ici, par cette manière complètement décomplexée de mettre des chœurs pour faire une montée (La Monogamie). On y pense aussi sur Etienne d’Août, capable en jouant sur la même mélodie ténue comme sur ce monument de roublardise qu’était Wake-up. Et sur ce morceau-là, ça marche vraiment, surclassant même ce que My Latest Novel a proposé cette année dans le même genre. On ne retrouve pas cependant la volonté de bouleverser son audience, juste la divertir. Il vous faudra peut-être au début vous habituer à des morceaux qui partent dans tous les sens, mais ces chansons ne vous lâcheront plus. En tous cas, ils me tiennent toujours. La moitié au moins est d’un très haut niveau et les scories sont presque inexistantes.

Les groupes jouant dans cette catégorie sont plutôt rares. Pour la variété des climats, on pense parfois à un Ghinzu qui se la jouerait un peu moins, à M qui arrêterait de vouloir être un guitar-hero hexagonal ou du Phoenix sous extasy. Rien ne colle vraiment comme étiquette donc. Le casse-tête du critique. Mais le plaisir de l’amateur, ce qui reste le principal.

Et la langue dans tout ça ? Le français reste bizarre pour une telle musique. Les paroles sont parfois déroutantes (Montréal t’es tellement froide/Une ourse polaire dans l’autobus/Je m’inspire du pire pour m’enrichir/Je t’aime tellement que j’hallucine) mais bon, elles sont souvent raccord avec les morceaux qui les contiennent. Signalons la collaboration occasionnelle de Pierre Lapointe dont on vous parlait récemment.

Un groupe à la hauteur des meilleures réalisations du moment mais chantant en français ? On n’y avait même pas pensé mais Malajube l’a fait quand même.

Article écrit par Marc

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P.-S.

Pour vous faire une idée, vous pouvez télécharger Montréal -40° sur leur site :

http://www.malajube.com/fr/index.ph...

Allez, encore un extrait, tiré du site de pitchfork :

http://downloads.pitchforkmedia.com...

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