Accueil du site > Musique > 2007 > 65 Days Of Static : The Destruction Of Small Ideas

65 Days Of Static : The Destruction Of Small Ideas

jeudi 26 avril 2007, par Marc

Le post-rock pour nous, les hommes


La part faite à la musique post-rock instrumentale est décidément en progression constante dans ces colonnes. C’est un peu inattendu même si j’ai eu par deux fois l’occasion de voir ce groupe de Sheffield en concert ces derniers mois. Je n’attendais qu’une sortie de leur part pour en parler

La musique de 65 Days Of Static, c’est une question de dualité. De complémentarité, de contraste plutôt. Comme dans tout post-rock à guitares qui se respecte, une grande place est laissée au quiet-loud-quiet, à l’apposition de moments calmes et plus bruyants. Mais on a en plus des oppositions arpèges légers/riffs lourds, mélodies au piano/riffs lourds, riffs légers/riffs lourds. Le procédé ne fait pas de mystère, on sait d’emblée à quoi on a affaire.

Quelle est leur particularité face par exemple aux poids lourds du genre que sont, disons Mogwai et Explosions In The Sky ? Tout d’abord, le batteur. S’il est parfois difficile de distinguer ce qui provient de rythmes enregistrés et de live, les concerts ne laissent pas de doute là-dessus. C’est le plus spectaculaire des manieurs de baguettes qu’il m’ait été donné de voir. Ensuite, les sections plus noisy sont plus tranchées, plus rapides, plus hard en un mot. La façon de tenir son instrument du bassiste ne laisse d’ailleurs aucun doute sur ses influences. Une fois le procédé compris (d’autant plus si vous connaissez le premier album), la surprise n’est plus de mise. Mais l’écoute n’en perd pas son intérêt pour autant puisqu’il faut leur reconnaitre un certain talent pour amener leur puissance de feu (Don’t Get Down To Sorrow). Etonnamment, parfois, le morceau n’explose pas. Et ce n’est pas plus mal question climat, c’est un répit bienvenu dans le cadre d’une écoute intégrale de l’album (Lyonesse). De toute façon, c’est trop peu linéaire puisque ça reste du post-rock, le jeu contrasté du batteur apportant son lot de surprises et de ruptures. Ca ne doit pas être de la bonne musique pour faire de la gym si vous voulez mon avis.

La différence avec le précédent One Time For All Times est l’emploi moins systématique de piano pour contraster avec les guitares. Il y avait ce formidable Radio protection qui reste leur manifeste. Pas vraiment de titre-phare sur celui-ci. Certains morceaux auraient d’ailleurs pu figurer sur le premier opus comme Music is Music as Devices are Kisses is Everything qui comporte de judicieux ajouts de violons et est un des meilleurs moments de l’album. On apprécie mais l’impression de déjà entendu est assez forte. Ils atteignent les limites de leur procédé dès lors qu’ils ratent un morceau en voulant y injecter trop d’électronique (The Distant & Mechanised Glow of Eastern European Dance Parties). Une certaine forme de musique industrielle (Nine Inch Nails en tête) fait ça mieux qu’eux de toute façon.

On se retrouve face à un rock qu’on pensait dépassé par des années de revivals folk, cold-wave, post-punk. Mais non, certains maintiennent le cap du rock burné (Little Victories, la seconde partie de White Peak/Dark peak), même s’ils respectent à la lettre le dogme de notre époque qui bannit les solos. Il faut donc de la bonne volonté face à une certaine puissance. Qui est typiquement taillée pour le live d’ailleurs. Si question musique instrumentale vos disques de chevets c’est Do Make Say Think et Manyfingers, vous allez sans doute trouver certaines démonstrations de testostérone un peu ridicules. Mais c’est le risque inhérent à ce genre jusqu’auboutiste. Ne vous y frottez donc qu’en connaissance de cause. Même si le piano peut aussi se faire plus évocateur (White Peak/Dark peak) et les mises en scènes peuvent êtret assez bien conduites (These Things You Can’t Unlearn). Le tout reste assez accessible mélodiquement d’une manière générale.

Si vous voulez aborder la montagne post-rock par son versant le plus puissant (et occasionnellement subtil), si vous pensez que les guitares sont faites pour se saturer de temps en temps et si pour vous le poulpe est la forme la plus aboutie du batteur, 65 Days Of Static peut vous procurer votre dose d’adrénaline.

Comme nous sommes en 2007, la musique peut se découvrir (découvrir seulement, le son n’étant pas formidable) sur myspace. Heureuse époque même si les morceaux sont plus anciens http://www.myspace.com/sixtyfivedaysofstatic

Article écrit par Marc

Share on Facebook

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0