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Arcade Fire, Forest National, 02/11/2007

samedi 3 novembre 2007, par Marc

Us kids know...


Il parait que le premier shoot d’héroïne est tellement fort que le toxicomane essaie vainement de le reproduire, le faisant sombrer dans l’assuétude. Oserais-je la comparaison avec Arcade Fire ? Oui, tiens. C’est que le souvenir de leur prestation au Cirque Royal, il ya un peu plus de deux ans, s’était révélé tellement intense que les autres occasions où j’ai pu voir le groupe de Montréal ont souffert de la comparaison. Quitte à paraître prétentieux, je n’attendais pas trop de ce concert. A Sasquatch et surtout au Pukkelpop, problèmes techniques et vocaux, en plus de la cohue inhérente à un festival ont rendu les concerts ternes, voire décevants de la part de ce que je tiens toujours pour un des meilleurs groupes de la terre.

C’est dans cet état d’esprit et copieusement accompagné que je suis retourné à Forest National, six ans après la dernière fois (pour voir Noir Désir, ça ne nous rajeunit pas). Trop tard pour entendre plus que des bribes du très court concert de Clinic. D’autant plus dommage que leur album sorti cette année et critiqué dans ces colonnes m’avait plu.

Avec Arcade Fire, la notion de round d’observation. C’est qu’après Keep The Car Running et surtout No Cars Go, une des meilleures choses que je connaisse à ingérer par les oreilles, on est déjà KO et la certitude d’assister à quelque chose de grand est prégnante. Tant pis pour les photos, je n’ai pas envie de me prendre la tête avec ça aujourd’hui et de toute façon je suis trop loin pour faire un cliché valable. J’ai autre chose à faire, vive intensément l’instant par exemple. L’impressionnant côté hymnesque de leur discographie s’y prête d’ailleurs très bien. C’est dans des moments pareils qu’on se rend compte à quel point ils se sont mêlés intimement à ma vie. Pas en tant que support de souvenirs, non, mais comme une appropriation. Forest National est un endroit tout sauf intime mais ce n’est pas grave. Le son, mois pire qu’initialement craint, est suffisant pour que l’enchainement soit impitoyable. A part une respiration sur l’interminable et halluciné Antechrist Television Blues qui verra Win Butler partir en roue libre dans une diatribe sur l’éducation, tout est fait pour mettre à genoux et y arrive souvent. C’est que quand on a deux albums du calibre de Funeral (le classique de notre temps) ou Neon Bible, c’est facile de ne pas se tromper. Ils oseront quand même l’incartade, le temps d’une reprise des Violent Femmes (je n’avais pas capté mais j’étais entouré de gens qui savent ce genre de choses) intrigante qui valait surtout pour l’implication de Win Butler.

L’engagement est d’ailleurs une des qualités marquantes de ces Canadiens. Tout le monde (10 personnes quand même) chante tous les morceaux, micro ou pas. Evidemment, pas sur The Back Seat, qu’on est tout surpris de réentendre, avec Régine dont l’intensité confine à la douleur. Ce sont plutôt les pieds qui ont souffert de Power Out, qui dégénère en bruitisme avant que l’intro de Rebellion n’émerge du chaos. On connaît ce truc par cœur mais on est encore une fois scotchés. Comment réussir le grand écart entre hymne de stade de foot et arrache-cœur ? C’est une des gageures qu’ils réussissent.

Souvent lors d’un concert, l’attention se relâche. Pas ici, et ce n’est pas un rappel frustrant de concision qui changera notre avis. Intervention, Wake Up et au dodo. Vaut-il mieux un goût de trop peu ? Je ne me prononcerai pas. Par contre, c’est la cinquième fois que je vois Arcade Fire et c’était bon comme la première fois, bon comme un partage, bon comme l’expression, bon comme seul ce groupe peut l’être.

Article écrit par Marc

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