jeudi 24 juillet 2008

Avis aux consommateurs
On pensait avoir tout vu et entendu de la part des groupes qui se réclament des années ’80. Donc, deux ans après la réappropriation d’un pan du post-rock, ceux qui suivent de loin comme les Black Kids sont prêts à nous refourguer tout leur arsenal vintage. Mais loin de la fièvre du premier Bloc Party (la voix y fait parfois penser), de la noirceur héroà¯que des Editors ou Interpol, c’est dans des eaux moins transparentes que se complait le quatuor.
Il ne faut pas se laisser endormir par le début qui n’est pas décourageant. Certes, la transition avec tout ce que vous pourrez lire par ailleurs sur ce site n’est pas assurée, mais bon, c’est léger. Il faudra attendre le quatrième titre pour que le désenchantement pointe le bout de son nez. Hurricane Jane sent le sous-Lloyd Cole sans le talent d’écriture. Pour ceux qui ont supporté Prefab Sprout et autres, c’est sans doute supportable mais le style du refrain mettra tout le monde d’accord contre lui. Passe encore la fausse soul blanche, mais la bouture avec un hymne de stade ne prend pas. I’m Making Eyes at You est aussi amusant, si vous êtes de bonne humeur et que pour vous A-Ha est un gage de rigolade.
Dans le simili-Cure du milieu des eighties, on a déjà eu aux Suédois de Shout Out Louds qui en arrivent parfois presque au décalque mais s’en tirent gnéralement bien. Ici, le single I’m Not Gonna Teach Your Boyfriend How To Dance est plutôt réussi mais l’imitation des tics vocaux de Robert Smith (les toutoutou de la fin) est trop littérale pour dénoter la moindre personnalité. Sorti de ses compagnons d’albums, il pourrait vous donner une fausse envie de vous y frotter. Les sons de synthé surannés, la voix affectée par pur tic, le pompeux du traitement, la lourdeur des arrangements, les breaks éculés, on frise tellement le sans-faute kitsch qu’on se surprend à penser au canular sur Look At Me When I Rock Witchoo par exemple.
Ils évoluent dans cette zone grise entre la variété internationale (la volonté de plaire à tout prix) et des références plus aventureuses. A ce titre, c’est un pendant des Killers. Avec la folle ambition en moins. On se rend compte d’ailleurs que la puissance de ces derniers leur sauve quand même la mise.
Nous avons pris l’habitude de soigneusement chercher nos albums parmi ce qui est susceptible de nous plaire. Mais de temps à autres on tombe sur des arnaques en bonne et due forme comme cette tentative d’imposer une resucée d’une variétoche honteuse d’il y a vingt ans. S’il comporte bien occasionnellement un bon titre, ce premier album sent trop l’opportunisme et manque de l’indispensable étincelle qui pourrait rendre ce brouet sympathique.
Une des conséquences étranges de l’ouverture de la fenêtre d’Overton comme une baie vitrée exposée très à droite est que le discours autrefois passablement éreintant de Morrissey devienne plus mainstream. Mais rassurez-vous, il arrive à se plaindre quand même. Que ce soit pour fustiger l’anonymat de sa tournée alors que toute la presse anglaise en parle ou pour annuler un concert parce qu’il a (…)
Découverts la même faste année 1994, Pulp et The Divine Comedy constituent toujours des repères 31 ans (ouch...) après. Le hasard veut qu’ils nous reviennent tous deux en 2025, dans une bonne forme qui semble imperméable au passage du temps.
Le côté résolument hors du temps, hors de ce temps plutôt, facilite sans doute la prise d’à¢ge de la musique de Neil Hannon. Le talent faisant le reste. (…)
Non, je n’aurais jamais pensé critiquer l’actualité d’un groupe comme Pulp (on en avait parlé ici pourtant). On craint d’ailleurs souvent ces retours venus de nulle part tant la fibre nostalgique permet de plans marketing. Personne ne pense une seconde qu’Oasis se reforme sur des bases artistiques et pour proposer du matériau neuf et excitant.
C’est dans ce contexte un peu suspicieux que (…)
Dansante et hédoniste, la musique de Snapped Ankles se veut une distraction volontaire, un mécanisme de survie assumée plutôt qu’un aveuglement négation. Et c’est vraiment vital ici et maintenant. La danse comme manière de rassembler et d’évacuer. Pourquoi pas, surtout que ça n’inhibe pas l’action par ailleurs.
Surtout que sur le cinquième album de la formation londonienne n’est pas (…)