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Placebo : Sleeping With Ghosts

mardi 8 août 2006, par Marc


Voilà un groupe qu’on suit depuis le début, un groupe-jalon dans son époque, avec, pour ne reprendre que les progressistes du rock, Muse et Radiohead. Leur quatrième album était attendu, pensez-vous. On l’aborde avec méfiance, car après deux albums qui firent mouche (spécialement le second qui reste ainsi leur meilleur), la métamorphose tarde à se concrétiser. C’est l’image la plus correcte que je puisse trouver : celle d’un album-chrysalide. Il nous tarde seulement de pouvoir en apprécier le papillon qui va en sortir.

Le premier morceau nous rappelle ce qui a fait Placebo : un son reconnaissable entre tous, incisif et ciselé. Un instrumental d’ouverture s’imposait donc pour rappeler ce postulat. A part deux simples de très bon goût (The bitter end et le très prenant This picture), que trouve-t-on ? Des pistes pour la suite, c’est comme ça que je préfère le voir. Si on se réfère systématiquement au passé, on va pouvoir trouver des ressemblances qui pâtiront de la comparaison, et on enterre à peu de frais un groupe adulé sans tenir compte d’une nécessaire évolution.

La suite ressemblera peut-être au touffu English summer rain ou au dépouillé Protect me from what I want. Il me semble que Placebo s’embarque bien plus lentement qu’un Radiohead hors de sentiers balisés du rock. Tout l’album est bâti sur cette faille, sur cette indécision, c’est ce qui le rend après quelques écoutes si attachant. Un grand groupe en proie au doute. La présence d’un second cd de reprises (souvent décalées et jubilatoires, même si on a peur qu’ils se bornent à ne faire que du Placebo dans le futur) en renfort confirme cette impression. Mais ils nous ont tant donné et témoignent encore d’une telle personnalité qu’on attend la suie avec impatience, ce qui paraît sans doute injustifié pour qui ne connaîtrait de ce groupe que les titres passant à la radio. Mais voilà, la patience est aussi une vertu et cet album a suffisamment d’atouts dans on jeu pour séduire tout qui n’attendra pas ici le meilleur de ce groupe. (M.)

Article écrit par Marc

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