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A Camp - Colonia

vendredi 6 février 2009, par Marc

"L’amour est plus fort que Jésus. Il peut tuer n’importe qui"


Même si dans des colonnes qui glorifient une certaine forme d’intransigeance cette révélation peut avoir valeur d’aveu, j’ai toujours eu une tendresse particulière pour les Cardigans et leur chanteuse Nina Persson. Comme beaucoup de ses compatriotes, elle manipule une certaine forme d’humour noir qui sied très bien à de la joliesse pop. Ecoutez un I Need Some Fine Wine And You, You Need To Be Nicer pour mieux voir ce que je veux dire.

A Camp, dont il est sujet aujourd’hui, est donc un side-project de la chanteuse suédoise et de Niclas Frisk. Le premier album date de 2001 et voici enfin le second. Quand j’aurai mentionné que son mari Nathan Larsson (ex-Shudder To Think), James Iha (ex-Smashing Pumpkins) et Joan As Policewoman sont de la partie, je crois que j’aurai rempli ma mission de service public.

Et qu’entend-on sur ce Colonia dont l’idée de départ lui est venue en Afrique ? La spécialité de la maison, c’est le mid-tempo langoureux, mélodique, un peu sucré, certes, mais digne (Love Has Left The Room, Chinatown, I Signed The Line), pour tout qui peut supporter un peu de chœurs. Parfois ça part du sol avant de s’élever comme sur le duo Golden Teeth and Silver Medals où la voix masculine de Nikolai Dunger n’est pas à la fête, mais on s’éloigne du pop-rock à guitares des derniers Cardigans. Ceux-ci n’ayant plus vraiment donné signe de vie depuis leur tournée sud-américaine de 2006, A Camp est sans doute prêt à prendre son propre envol et ce serait sans doute une bonne solution parce qu’on ne retrouve pas ici la simplicité des side-projects habituels. The Crowning est en tous cas ample, un pompeux (les cuivres du final) même mais le sujet s’y prête (une évocation d’un hypothétique couronnement en 1699). Le reste oscille entre quelques moments moins passionnants (Bear On The Beach) et morceaux à la mélodie franchement réussie (I Signed The Line).

J’ai toujours aimé le décalage entre une musique anodine d’un point de vue expression des sentiments et des paroles d’une ironie mordante. Ici, c’est surtout sur le single sorti en téléchargement seulement Stronger Than Jesus (Love is stronger than Jesus/It can kill anyone en un slow très haut de gamme) que ça s’exprime, mais d’une manière générale, la mignonne (je trouve) Nina a gardé toute sa verve. Son second atout reste tout de même sa voix qui peut faire sonner des chansons plutôt lentes de façon assez convaincante. C’est un atout certain, clair au repos et plus éraillé quand le ton monte (Here Are Many Wild Animals).

Alors, évidemment, le fond et la forme sont bien plus légers que ce qui fait le quotidien de ce site. Mais c’est comme ça, j’aime bien prendre ce genre de pause de temps en temps, pour me reposer de ces alcools forts qui usent autant qu’ils enchantent. Non, je ne vous prétendrai pas que ceci est un jalon essentiel dans l’histoire de la pop occidentale, mais si vous cherchez une respiration dans l’exigence sans pour autant tomber dans le plaisir coupable (mais vous faites ce que vous voulez après tout), A Camp peut vous offrir ce moment charmant dont j’ai profité.

Article écrit par Marc

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