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Final Fantasy, Belfast Imperial Music Hall, 04/08/2009

mercredi 5 août 2009, par Marc

Total fantasy


Les hasards de la vie professionnelle qui autrefois m’ont déjà mené à Seattle m’entrainent maintenant en Irlande du nord. Si Belfast n’est pas la Mecque indie comme la pluvieuse ville du Northwest, elle n’est pas dépourvue d’attrait musical comme le prouve le concert de ce soir.

L’endroit est comme son nom l’indique assez éloigné d’une salle de gym puisque c’est un authentique music hall d’époque, avec balcons, boiseries, tables, tabourets et tout le toutim. C’est la première bonne surprise qui me permet de me placer idéalement presque dès l’ouverture des portes. Le ticket plutôt modéré et l’indie de première bourre qui passe à ce moment-là (Fleet Foxes, Wilco, Neko Case, The Acorn, Okkervil River...) contribuent aussi à l’excellente impression.

Le programme de la soirée sera bien fourni grâce à deux premières parties. Ruby est une jeune femme qui semble vouloir marcher sur les traces de la tête d’affiche. Sa technique au point et quelques très solides morceaux lui permettront sans doute de bonnes choses. Pour l’instant, le seul violon et les pédales de loop semblent un peu limiter cet univers qui constitue plus une ossature de morceaux en devenir que des concurrents sérieux du héros du jour.

Tout aussi seul, Villager (orthographe intuitive) se présente comme un Conor Oberst (celui de Bright Eyes, c’est ça…) dépouillé et un peu dévergondé. Tous les morceaux font mouche, ce qui est rare dans ces circonstances mais la formule simple guitare-voix est un peu trop entendue. Avec un peu plus d’atours, il y a un vrai bon authentique songwriting qui ne demande qu’à s’exprimer pleinement. On espère donc qu’il a échangé son numéro avec la violoniste qui jouait avant lui, on tient peut-être là une combinaison gagnante.

Un qui est une combinaison gagnante à lui tout seul, c’est bien Owen Pallett. Officiant en solo sous le curieux patronyme de Final Fantasy (sans doute pour rester discret sur google), il est aussi un collaborateur précieux pour les arrangements de groupes aussi délectables que Grizzly Bear, Beirut, The Last Shadow Puppets ou Arcade Fire. Mais j’y reviendrai sans doute pour une critique ultérieure. C’est d’ailleurs en première partie d’Arcade Fire au Crique Royal, dans ce qui constitue encore un des meilleurs concerts de mon existence que j’ai découvert ce jeune bonhomme. Depuis, il a eu ces moments de grâce en collaboration, mais aussi tout seul, avec un second album qui n’était rien moins que mon préféré de 2006.

Les hostilités sont lancées avec He Poos Clouds. L’intro du quatrième semble d’emblée familière puis je m’étrangle un peu en devinant qu’il s’agit d’un de mes morceaux chéris entre tous : This Is The Dream Of Win And Regine. Je n’en dirai qu’un mot : gargl. Pour le reste, tout est tout nouveau ou presque. C’est qu’un album est prévu pour début janvier. Ou plus tôt. Et sincèrement, le plus tôt sera le mieux. Parce qu’au vu de la matière qui est susceptible de le constituer, il est potentiellement fabuleux. Certes, certains morceaux sont encore juste dégrossis, et les Ep’s ne m’ont pas fasciné outre mesure (je n’aime pas trop les EP’s), mais il y en a d’autres, avec des gimmicks de clavier somptueux, qui risquent de générer une pluie d’étoiles. A l’instar d’Andrew Bird, la virtuosité est au service des morceaux. Mais bien plus que l’Américain, il parvient à captiver une audience de plus en plus enthousiaste. Les titres en deviennent des entités organiques qu’on voit grandir devant soi, et sa maitrise de l’instrument et des arrangements sont toujours aussi impressionnants.

The CN Tower Belongs To The Dead clôt provisoirement le concert avant qu’il ne revienne pour une reprise dont il a le secret. Il y avait le fameux Modern Love de Bloc Party, mais c’est ici le Dance Dance Dance de Lykke Li qui s’y colle. C’est évidemment fort bien. Un morceau plus tard, la fête est déjà finie. On compte désormais les jours pour un prochain album qui promet énormément. Un des grands talents de la scène musicale s’appelle Owen Pallett. Voyez-le dès que vous en avez l’occasion…

(Il faudra patienter un petit peu pour les photos. J’espère pouvoir en sauver de la lumière rouge traditionnellement mal encaissée par les capteurs…) UPDATE : les photos sont ici : http://picasaweb.google.com/marc.mineur/FinalFantasy#

Article écrit par Marc

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2 Messages de forum

  • Magnifique chronique, on s’y croirait ! Il n’est pas vraiment courant de le croiser sur le plat pays Owen Pallett, t’as donc bien de la chance de l’avoir croiser ! J’espère que tout se passe bien pour toi en Irlande et que j’aurai quand même l’occasion de te croiser au Bota à la rentrée, la programmation est plutôt plaisante !!!
    A bientôt

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