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Albin de la Simone - Happy End

lundi 18 octobre 2021, par Marc


Apprendre qu’il y a un nouvel album d’Albin de la Simone et qu’il est instrumental est sans doute la quintessence de la nouvelle douce-amère. On sait évidemment que ses qualités musicales sont hors-normes, lui qui a réalisé des albums pour Pierre Lapointe ou Pomme et accompagné sur scène des gens comme Iggy pop, Vanessa Paradis ou Alain Souchon. Mais c’est en tant que chanteur qu’on l’avait hissé par deux fois au pinacle de nos préférences annuelles.

Mais on n’est pas là pour se morfondre mais parler d’une réalisation aboutie s’il en est. Ce Happy End est aussi le premier volet des Instrumentôt ou tard où des artistes du label (Tôt ou Tard donc) sont invités à enregistrer des morceaux dépouillés de voix. On vous tiendra au courant si Vincent Delerm s’y met, moins si c’est Vianney. Signalons enfin qu’il a tout fait, des compositions aux enregistrements au dessin de pochette et que l’enregistrement s’est fait en... trois jours.

Les lignes mélodiques de guitare de Merveille pourraient bien évidemment se voir traiter en chanson mais ce n’est pas leur but, elles fonctionnent en tant que telles. A l’opposé, La Chambre se présente comme une pièce de piano sur laquelle les adjonctions de voix semblent impossibles. Pas des versions instrumentales donc, de vrais morceaux sans paroles, s’éloignant par exemple des canons post-rock ou néo-classique. Cependant, on s’attend à ce que la voix de Stuart Staples surgisse de la classe suave de Californie.

Mais ne parlons pas de ce qui n’est pas là mais de tout ce qui y est. Comme un sens mélodique toujours incroyable (Un Ami). Il se fait aussi que les albums de piano solo se succèdent, une source ayant été découverte. Le Chalet se place dans cette lignée mais d’une manière générale, ce n’est pas minimaliste pour un sou, très étoffé, avec la classique mélancolie de bande-son des seventies (Il Pleut). Il peut aussi s’appuyer sur la douceur des cuivres (Les Tulipes).

Il faut se laisser bercer, une petite dose d’abandon permet en effet de mieux profiter. Happy End propose un équilibre parfait entre son minimalisme qui magnifie ses propres chansons et une luxuriance sous-jacente qui sortent ces morceaux de tous les pièges du misérabilisme. Seul le Yann Tiersen des grands jours peut revendiquer une telle réussite. Forcément moins attendu que ses parfaites dernières réalisations, cet album distille de la densité sans lourdeur, permettant à la musique d’Albin de la Simone de garder tout son suc.

Article écrit par Marc

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