mardi 4 décembre 2007, par ,

Exercice de synthèse rafraichissant
On ne doit pas négliger l’impact d’un bon single dans la démarche pour se procurer un album. Dans la jungle des sorties, un titre du calibre de Let’s Dance To Joy Division se fait tout de suite remarquer. Sautillant en diable, déglingué juste comme il faut d’aspect mais solide dans son rythme, c’est un des titres qui ont accompagné notre automne.
Dès le Tales Of Girls, Boys & Marsupials, chanté comme un standard des 60’s (ou avec le kitsch assumé des Pipettes par exemple) ils nous montrent une chose : on n’est pas là pour se laisser abattre. Le chanteur à un timbre de voix et un accent en commun avec Kele Okereke. Leur album reprend d’ailleurs le son là où le gars de Liverpool (pas des Beatles hein) l’avait laissé à la fin de Silent Alarm (Kill the director). Enfin, on dirait plutôt un Bloc Party qui aurait eu un upgrade au niveau des sections de basse, celle-ci lorgnant plus du côté d’un Placebo par exemple (Moving To New York). Mais bon, selon le morceau, on trouvera ici un peu d’Arctic Monkeys, un brin de The Others, etc. Ca sent également bien la musique de pub (Let’s dance to Joy Division), ce qui ne dépare pas l’ensemble.
C’est donc un album intégrant plusieurs éléments retrouvés ça et là au cours de nos découvertes provenant des îles Britanniques. Le revival eighties semble heureusement révolu tant le son vintage semblait un gimmick. La taille du son par contre ne dégonfle pas et ce qui aurait pu sonner garage il y a peu encore prend maintenant des proportions assez conséquentes. School Uniforms, ne regrettant pas le temps de l’école (on le comprend) est dans la veine des Others, en plus sautillant. On peut même trouver du Maximo Park (Dr.Suzanne Mattox PhD) si on tend l’oreille. Les refrains plus chargés en chœurs les distinguant. Dans l’ironie qu’ils mettent au détour de plein de situations vécues, on distingue la patte anglaise qu’on retrouve par exemple chez Art Brut. Attention, le chant en est par contre vraiment un ici.
La facilité à trousser des mélodies et l’énergie déployée est exemplaire et rend l’écoute agréable. Ne me faites pas dire que tout est inoubliable, c’est même souvent le contraire, mais c’est une musique qui s’écoute sur l’instant, dont l’énergie communicative n’est pas sensée dépasser la durée de l’écoute. Quelle est dès lors l’espérance de vie de ce groupe ? Il est impossible de le dire mais s’ils arrivent à retrouver la verve de Let’s Dance To Joy Division, on en entendra reparler. Il n’y a pas que des moments d’énervement bien évidemment mais comme souvent en pareil cas, c’est moins saignant quand le tempo ralentit (Little Miss Pipedream)
Maintenant qu’on écoute plus que parcimonieusement les groupes de pop-rock venant d’Outre-manche, on est contents de s’être laissé convaincre par le biais d’un single de se plonger dans la joyeuse énergie des Wombats, synthèse détonante des groupes anglais qui ont parcouru nos colonnes ces 4 dernières années et qui nous amènent directement dans notre élément. Le son est rafraichi par un brin de folie général et des backings parfois à la limite du kitsch (par exemple sur Patricia The Stripper clin d’œil à Chris De Burgh ou suis-je le jouet d’une jeunesse musicale pas facile ?). On n’attend en général pas d’innovation de la part d’un groupe d’Albion dès lors qu’il pratique un genre aussi balisé. La différence et l’intérêt se trouvent donc dans les morceaux. Ceux de ce Proudly Present A Guide To Love, Loss And Desparation tenant la plupart du temps la route, on conclura à la mission accomplie.
Découverts la même faste année 1994, Pulp et The Divine Comedy constituent toujours des repères 31 ans (ouch...) après. Le hasard veut qu’ils nous reviennent tous deux en 2025, dans une bonne forme qui semble imperméable au passage du temps.
Le côté résolument hors du temps, hors de ce temps plutôt, facilite sans doute la prise d’âge de la musique de Neil Hannon. Le talent faisant le reste. (…)
Non, je n’aurais jamais pensé critiquer l’actualité d’un groupe comme Pulp (on en avait parlé ici pourtant). On craint d’ailleurs souvent ces retours venus de nulle part tant la fibre nostalgique permet de plans marketing. Personne ne pense une seconde qu’Oasis se reforme sur des bases artistiques et pour proposer du matériau neuf et excitant.
C’est dans ce contexte un peu suspicieux que (…)
Dansante et hédoniste, la musique de Snapped Ankles se veut une distraction volontaire, un mécanisme de survie assumée plutôt qu’un aveuglement négation. Et c’est vraiment vital ici et maintenant. La danse comme manière de rassembler et d’évacuer. Pourquoi pas, surtout que ça n’inhibe pas l’action par ailleurs.
Surtout que sur le cinquième album de la formation londonienne n’est pas (…)
En matière de critique, tout est question de perception. Certes, on tente de définir le contexte, de placer une œuvre dans une époque au moment où elle se déroule (oui, c’est compliqué) mais souvent, on essaie en vain de définir nos affinités électives. Et puis si on n’arrive pas à expliquer, rien ne nous empêche de partager. Ainsi, on a adoré tout de suite ce que faisait Squid. En alliant (…)