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Micky Green - Honky Tonk

lundi 8 mars 2010, par Laurent

Qui peut le plus peut le moins


Tout le monde l’aura remarqué : à une ou deux vagues de froid ou tornades près, les beaux jours sont de retour. Et comme on ne va pas passer le mois de mars à faire tourner en boucle Le Printemps de Vivaldi ou Peer Gynt de Grieg, il y a un moment où notre soif de pop ensoleillée refait surface. La presse anglaise, toujours prompte à étancher tout ce qui fait saliver ses lecteurs, s’extasie donc dernièrement sur quelques nouveaux noms.

D’abord, on nous promet monts et merveilles du "Family Jewels" de Marina & the Diamonds, à ne pas confondre avec la machine à Florence. Si vous considérez que Kate Nash a révolutionné la britpop et que Ke$ha est la nouvelle Madonna, il y a de l’espoir (on aurait dû l’appeler Kena$ha, tiens). Sinon, rien de brillant sous le soleil. Next ! Plus récemment, on nous bassine avec le disque trop-super-attendu de la nouvelle sensation Ellie Goulding. Parce qu’elle s’est acheté une boîte à rythmes et chante comme Lene Marlin ? Ouais, c’est ça. Allez... next !

Résultat, on se retrouve à considérer Micky Green comme une valeur-refuge – phénomène naturel en période de disette – pour le souvenir agréable mais imprécis qu’avait laissé son premier album "White T-shirt". Difficile de trouver, dans la conjoncture actuelle, meilleure pourvoyeuse de pop printanière que l’Australie : que voulez-vous, c’est l’été aux antipodes, et qui peut le plus peut le moins. Premier constat : la fraîcheur est bien au rendez-vous de ce "Honky Tonk" et Micky Green a le bon goût de ne jamais la confondre avec un optimisme béat. Pas de tube d’été donc, mais un dosage réussi de guimauve et d’amertume. Comme disait Francis, on doit être hors saison, et c’est de circonstance.

Au programme, Micky Green claque des doigts sur presque tous les morceaux – qui dépassent rarement les 3 minutes – et quand elle ne le fait pas, ça claque quand même : baguettes, vibraslap, cow-bell, clochettes, la panoplie est complète mais jamais envahissante. Il y a aussi, en quelques occasions, des cuivres façon John Barry (The Game, No Line) ou Henry Mancini (Scaredy Cat). Pour le reste, on se régale quand c’est épicé (l’orgue fidèle de T.L., les chœurs miauleurs sur Remember, le refrain à la Womack & Womack de Homesick), mais il faut bien admettre que la chanteuse peine à maintenir l’attention sur la seconde moitié du disque, nettement plus fade.

Dommage... on aurait bien voulu pouvoir chanter « Hey Micky you’re so fine, you’re so fine you blow my mind ! » comme dans la chanson de Toni Basil. La pop intelligente ne court pas les rues, et celle de l’Australienne ne fait pas le trottoir non plus. Peut-être qu’à se vouloir subtile, elle en devient cependant trop sage, du moins sur la longueur. C’est un des revers les plus anecdotiques des récents bouleversements climatiques : à exhiber ses chansons sous des cieux contrariants, on finit par ne plus trop savoir comment les habiller.

Article écrit par Laurent

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