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Atlas Sound - Parallax

vendredi 9 décembre 2011, par Marc

Frontière pop


Il n’a pas du passer une année sans nouvelle de Bradford Cox depuis qu’il a mis la fusée Cryptograms sur orbite. Cette fois-ci, c’est son projet solo Atlas Sound qui nous revient. Poser en crooner sur la pochette, il fallait oser évidemment. A ce propos, le photographe Mick Rock a sa petite notoriété puisqu’il a déjà mis en image des albums mythiques comme Raw Power, The Madcap Laughs ou Transformer. Cette illustration n’est pourtant pas anodine, et peut être considérée a posteriori comme une volonté de pousser un peu plus loin l’orientation ‘chanson’ que ses prédécesseurs.

On ne dira jamais assez l’importance de ce garçon dans le son de notre époque. Alors que les termes de fusion et de métissage renvoient souvent à des mélanges anciens, peu autant que lui ont su incorporer sans grumeaux autant d’éléments. J’ai toujours préféré Deerhunter, parce que la puissance de feu et la noirceur sont à un niveau supérieur, mais il est toujours intéressant de prêter une oreille à Atlas Sound, sa face plus lumineuse, même si la différence entre les deux projets ne se résume pas à cette seule dichotomie.

Te Amo est plus éthéré, mais reste plus figuratif que ses exercices précédents. On pourra trouver moins fascinante cette approche plus frontale du songwriting mais en tant qu’auditeur lambda, c’est l’album d’Atlas Sounds que j’ai le plus écouté. On écoute donc de la pop très fraiche, servie dans son bain de bulles (Mona Lisa), accessible (The Shakes) et livrée avec conviction (Praying Man)

Ca n’empêche pas des mélodies comme Terra Incognita d’être un peu tordues et qui deviennent plus aventureuses (c’est la version positive) ou crevantes (c’est la version moins optimiste). Il reste des moments bien abstraits avec de vrais morceaux de guitare acoustique dedans (Flagstaff) et une chanson simple peut se désintégrer en brouillard (Doldrums). Quark Part 1 reste là pour montrer qu’on n’est pas là pour guetter le succès mainstream à tout prix, que cet exercice peut ne pas aboutir. Mais il reste pertinent dans sa démarche mêlant écriture et mise en son, de telle sorte qu’on se demande parfois ce que donnerait un morceau comme Angel Is Broken s’il était repris par un autre.

Comme pour Deerhunter, mon plaisir est plus intellectuel que, disons, émotionnel, mais il y a cette propension chez Bradford Cox à intégrer de multiples composantes et réussir le décalage. Parallax le voir s’aventurer à la frontière pop de sa musique, ce qui fait de cet album le plus facile à apprivoiser de sa discographie.

http://4ad.com/parallax/
http://www.myspace.com/atlassound

Article écrit par Marc

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