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Séance de rattrapage #44 - Emily Jane White, Holy Fuck et Spain

mardi 19 juillet 2016, par Marc


Emily Jane White - They Move In Shadow All Together

C’est le temps qui avait manqué plus que l’envie au moment d’écrire tout le bien qu’on pensait de Blood/Lines, l’album précédent de la Californienne Emily jane White. Cette frustration est effacée maintenant et on ne va pas lâcher l’affaire de sitôt.

Parce qu’elles est appartient à une longue lignée de chanteuses hantées contemporaines qui compte aussi en ses rangs Sharon Van Etten ou Marissa Nadler. C’est d’ailleurs à cette dernière qu’on pense sur les morceaux plus acoustiques comme Moulding ou le très bon Pallid Eyes qui en a la classe et l’arpège fin. Mais elle est pianiste à la base, et Agnès Obel est un point de référence possible si on précise qu’elle est moins froide et hiératique que la Danoise sur Hands.

Tant qu’on est dans les affinités, c’est à Bat for Lashes qu’on pense sur un The Black Dove rehaussé de violoncelle et d’une vraie pulsation. Mais ce ne sont que les rapprochements furtifs, en aucun cas des ressemblances gênantes. Ce qui nous vaut au passage de grands moments comme Nightmares On Repeat.

On ne peut pas vraiment parler de compromis pour la musique d’Emily Jane White parce qu’elle ne sent pas le calcul. Par contre, on peut constater que l’équilibre est très réussi et qu’elle arrive à rester très accessible tout en gardant tout son potentiel de séduction sombre. Ce qui est beau n’appelle pas nécessairement beaucoup de commentaires. Vous serez chez vous avec Emily Jane, c’est tout ce que vous avez besoin de savoir si vous l’ignorez encore. Les beaux albums doivent simplement se faire connaitre.

http://www.talitres.com/fr/artistes...
http://www.emilyjanewhite.com/

Holy Fuck - Congrats

Il serait évidemment très réducteur de réduire la musique rock instrumentale au post-rock mateur de chaussures. Surtout qu’avec les Canadiens (de Toronto) Holy Fuck, on tient une formation surtout instrumentale qui distille une énergie communicative qu’on retrouve pour la troisième fois sur album.

Alors que les dernières productions des légendaires Tortoise m’avaient suscité un ennui plus ou moins profond, la connivence est immédiatement rétablie ici puisque cet album part bien, de façon assez hypnotique, avec la pulsation de Chimes Broken. C’est leur principale facette qui est présentée ici, énergique, confinant à l’electro-rock et qui trouve son apogée sur le final Cought Up qui bastonne pas mal, avec un climax proprement irrésistible. Il faut remonter aux périodes de forme de Fuck Buttons pour retrouver cette euphorie-là. Et comme ils n’utilisent presque pas de voix, c’est la transe, l’hallucination qui est mise en avant, pas le côté ‘les bras en l’air sur le dancefloor’.

La tendance opposée se rapproche du format ‘chanson’. Neon Dad est assez proche des délires éthérés de Bradford Cox quand il revêt sa jaquette Atlas Sounds. Shivering montre qu’ils ne se complaisent pas dans la débauche d’énergie mais qu’ils peuvent faire preuve d’une certaine subtilité. Surtout pour mettre en évidence une résurgence. C’est dans cette amplitude que Holy Fuck emporte la mise, en pouvant tour à tour nous défouler et nous apaiser.

Spain - Carolina

Quelques semaines après le retour de Sophia, saluons aussi un autre vestige de nos spleens des années ’90. C’est plusieurs années plus tard qu’on a appris que l’étiquette ad hoc était slowcore pour cette magnifique musique presque arrêtée et insolente de douceur que nous propose le groupe de Josh Hadden.

Sans que j’arrive vraiment à mettre le doigt sur la raison, les deux albums précédents avaient eu une perception radicalement différente. On était donc resté sur Sargent Place de bonne facture et ces bonnes intentions se confirment ici. Le sens mélodique qu’on retrouve dès Tennessee. Non, le fan ne sera pas dépaysé. La mélodie toujours impeccable, la voix est occasionnellement plaintive mais peut aussi se révéler plus versatile qu’on ne le pensait de prime abord.

Sur In My Hour, il y a des passages en scansion qui fonctionnent et quand il pousse sur Lorelei c’est plus âpre touchant ses limites parfois mais pouvant aussi y être plus touchante. Sinon, on retrouve la douceur toujours parfaite pour ces histoires à hauteur d’homme (Starry Night). C’est une forme d’expression qu’ils maitrisent comme personne (Apologies), apportant pour la forme un violon (One Last Look) ou une guitare plus tranchante sur For You qui se présente comme un blues assez classique

Fort logiquement, c’est pour les artistes à la personnalité la plus marquée et reconnaissable qu’on a le plus de mal à commenter. Parce qu’on est attachés à eux depuis 20 ans et qu’on est reconnaissants qu’ils viennent raviver la flamme de temps à autres.

http://www.spaintheband.com/

Article écrit par Marc

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