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Séance de rattrapage #19 - Tout là-haut

jeudi 12 décembre 2013, par Marc

Basia, Piers, Johnny et Agnes


Le talent et la réussite n’appellent pas toujours beaucoup de commentaires. Les quatre artistes du jour nous avaient déjà séduits par le passé et ne nous ont pas déçus. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas énormément à en dire qu’il faut passer sous silence ceux qu’on écoute souvent avec beaucoup de plaisir.

Basia Bulat - Tall Tall Shadow

L’évolution constatée entre le premier et le second album laissait entrevoir ce qui allait se passer ici. Plus ample que ses deux prédécesseurs, cet album montre une progression logique de la sympathique Canadienne.

Basia Bulat c’est une grande voix, aussi à l’aise dans les grands élans que dans une intimité touchante. C’est sans doute dans ce second registre qu’on la préfère, même si le premier permet de donner de l’ampleur et de la vigueur à ses albums. Et puis en concert, elle peut aussi transpercer d’une syllabe plus appuyée. On n’en a qu’une vague idée quand on entend la fin de Paris or Amsterdam. Never Let Me Go reprend d’ailleurs ce petit bout de mélodie et le pousse plus haut.

Elle déborde aussi largement les frontières et limitations d’une musique folk acoustique, notamment sur le plus sombre The City With No Name qui se tend sur un fond de clavier lancinant. Mais il y a de plus classiques jolies choses comme Five, Four (au rythme de 5-4 comme son nom l’indique) ou It Can’t Be You où elle part dans des vocalises mais prouve qu’une petite guitare suffit à créer un morceau

Produit par Tim Kingsburry d’Arcade Fire ce troisième album ne fera pas baisser d’un iota notre passion pour Basia Bulat.

http://basiabulat.com/

Piers Faccini - Dogs and Wolves

Après la tentation de l’orient de son album précédent, Piers Faccini revient donc à la simplicité, et à un calme toujours aussi charmant et pertinent mais qui le rend sans doute un peu moins marquant. C’est donc un album qui a le défaut de sa très grande qualité. Parce que la voix de Piers n’a jamais semblé aussi douce, enveloppante, et convient à merveille à la douceur générale.

Etrange qu’un songwriter anglophone se prête à l’exercice de la chanson en français. Il chante en français sur Reste La Marée. Il y a un petit accent, mais comme il vit dans l’hexagone, donc il garde toute sa pertinence. Une des meilleures chansons françaises de l’année se trouve sur un album d’un Italien d’Angleterre, c’est assez singulier pour être signalé. Il Cammino est logiquement en Italien.

Pour le reste, cet album est essentiellement acoustique, et tout au plus peut-on distinguer un peu de piano sur Black Rose. Toujours délicat et magnifique, feutré et impeccable, Piers Faccini sort un album qu’on aurait aimé voir occasionnellement sortir de sa torpeur.

http://www.piersfaccini.com/

Johnny Flynn - Cpuntry Mile

Autre retour attendu, celui de Johnny Flynn, finalement moins jeune (29 ans) et plus expérimenté (ceci est son quatrième album) que son visage poupin le laisserait deviner.

Difficile de dire quelle est la spécificité anglaise de cette musique qui sent bon le foin (Murmuration), mais on peut le rapprocher de certaines de ses connaissances comme Mumford and Sons (auxquels il est facile de le préférer) ou Laura Marling.

Il est rare d’écouter un album de dix titres dont tout fonctionne, avec en point culminant le très beau The Lady Is Risen ou l’entrain communicatif de Fol-de-Rol. Dans les morceaux plus lents, ma préférence va à Einstein’s Idea dont le poignant Oh my darling pourra vous accompagner longtemps. Pour le reste, cet album est tout en mélodies bien solides et construction impeccable. La voix supporte bien toutes ces variations

Confirmation assez indiscutable du talent de Johnny Flynn, ce Country Mile tient debout de la première à la dernière seconde.

http://www.johnny-flynn.com/splash.php

Agnes Obel - Aventine

Il peut sembler facile d’expliquer le succès du premier album d’Agnes Obel a posteriori. Il y avait en effet un talent manifeste et une classe qui a plu, quelques morceaux immédiatement plaisants aussi. Ceci dit, on connait plein de chanteuses de talent qui n’ont pas le dixième de sa reconnaissance.

La mission de cet Aventine est de ne pas perdre tout ce public et on pense qu’il ne sera pas désarçonné. On commence par un instrumental au piano, pour montrer que les grandes orgues, la production clinquante, ce n’est toujours pas à l’ordre du jour. Elle compte sur son talent seul et a bien raison. Ses balades sont relevées d’un peu de violoncelle (Fuel To Fire, The Curse) et c’est forcément impeccable. On entend même un peu de rythmique si on tend l’oreille.

Il y avait sur le premier album une ou deux chansons encore plus lumineuses, évidentes. On a parfois l’impression de connaitre certains titres, sans doute un peu parce qu’on se souvient des écoutes précédentes, sans doute beaucoup parce que ça ressemble au premier album.

Le résultat est toujours délicat, un peu froid, bien comme il faut, mais cette classe ne s’explique pas vraiment, elle se constate et est indéniable. Il n’en reste pas moins qu’à titre purement personnel, je suis plus admiratif qu’emporté par cette artiste parce qu’il existe d’autres talents plus personnels et émouvants (je pense à Soap & Skin ou Alina Orlova). Ce qui n’enlève rien au mérite d’Aventine qui devrait voir se consolider la relation entre la Danoise et son désormais large public.

http://www.agnesobel.com/

Article écrit par Marc

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