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Wolf Parade - At Mount Zoomer

lundi 16 juin 2008, par Marc

Si j’étais vous...


C’était en 2005, une bonne année musicalement parlant puisque j’y ai découvert Arcade Fire, Bloc Party, LCD Soundsystem, The National, Gravenhurst, Sufjan Stevens, Spoon, Clap Your Hands Say Yeah ou Vitalic. Autant dire, une bonne partie de la base de ma discothèque actuelle. Parmi les meilleurs de cette année-là figurait Wolf Parade et ce sont presque les seuls du contingent dont on n’avait plus entendu parler. On les retrouve donc avec un plaisir non dissimulé.

L’attente suscitée par l’excellence d’Apologies To The Queen Mary, qui figure quand même dans la première division des albums indie de la décennie est grande. A la première écoute, les morceaux qui ouvrent l’album sont très bons, puis l’attention chute. Ce n’est que partie remise, et le round d’observation ne durera que le temps de se rendre compte qu’il ne faut pas chercher ici les mêmes chansons que sur le premier album. Moins de blues déviant, d’éructations de piano, tout est ici plus lisse d’aspect. Comme si le potentiel de folie de Spencer Krug s’était entièrement exprimé chez les très bons et foldingues Sunset Rubdown. Mais ce n’est qu’une impression. C’est que le feu couve sous l’écorce. C’est ce qui crée cette tension unique qui les rend si bons. L’enfilade des trois morceaux qui commencent l’album est d’ailleurs assez exemplaire et démontre qu’ils reviennent en forme, et, écoute après écoute, on sent toute la ferveur sous-jacente. Il y a les groupes qui essaient de faire ressentir en montrant les signes d’une émotion. Et puis ceux qui arrivent à toucher juste. Peut-être pas à la première écoute, certes, mais on en vient à en redemander toujours plus. Comme chez Spoon dont la froideur minimaliste du groove est évoqué le temps de Fine Young Canibals.

Dans des genres différents, California Dreamer fait dans la dance déviante, genre dans lequel excelle Clap Your Hands Say Yeah. Mais avec un côté rock plus marqué qui renforce l’énergie. Il y a même une balade (An Animal In Your Care), puis une autre, placées en toute fin d’album. Comme souvent chez eux, c’est en prolongeant des morceaux déjà bons par un moment de bravoure instrumental (Language City) qu’ils font la différence, qu’ils affirment leur singularité. C’est aussi parce que des groupes comme Tapes ‘n Tapes ou Islands ont été moins bons dans ce registre que leur réussite apparaît comme précieuse.

Kissing The Beehive était le titre provisoire de l’album et cette pièce est parmi les plus consistantes. Repartant comme les meilleurs moments d’Islands (ou Sunset Rubdown d’ailleurs), elle étale ses dix minutes en toute liberté, accumulant les idées de riff, les montées en puissance sans se sentir obligée de s’affadir par moments pour renforcer les climax, terminant dans un maelström qui clôture impeccablement cet excellent album. On notera au passage la maitrise de l’interprétation. C’est d’ailleurs un de ces groupes que je brûle de voir en live.

Vous pouvez très bien passer à côté de cet album qui est un des meilleurs de l’année. Si j’étais vous, je ne le ferais quand même pas.

Article écrit par Marc

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