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I’m From Barcelona - Who Killed Harry Houdini ?

mercredi 8 octobre 2008, par Marc

La fin de la fête


La rentrée est plutôt pop cette année. J’en veux pour preuve supplémentaire le retour des hurluberlus suédois d’I’m Fom Barcelona. Pour ceux qui voudraient un rafraichissement de mémoire, je renvoie à la session acoustique publiée sur radiolibre.be et initialement captée pour VoX. On y retrouve le collectif suédois en forme, défendant un album qu’ils ont trainé longtemps puisqu’ils étaient encore une surprenante tête d’affiche des Nuits Botanique de cette année. La conscience professionnelle (ceci n’est pas un boulot…) m’a fait jeter une oreille sur le premier album. Et j’y ai retrouvé une envie très présente, des morceaux sobres et diablement catchy (Treehouse et compagnie). Le retour vers celui-ci au titre de cluedo n’en a été que plus rude comme vous allez le voir.

C’est quoi un morceau d’I’m From Barcelona ? Eh bien comme ils sont orientés vers l’hymne à beugler, c’est assez placide dans la diction, assez répétitif, relevé de cuivres et vibraphone. Mais le problème, c’est que sans l’incroyable conviction des débuts, on a entendu beaucoup plus brillant dans la catégorie ‘fait à la bouche’ avec un Bodies Of Water. Il reste quand même de purs moments typiques comme Paper Planes ou mais c’est presque une exception. De même, la mélodie limpide d’un Mingus frappe juste.

La nouveauté, c’est l’intrusion de morceaux plus basés sur des ambiances intimistes, voire un peu déprimées (Gunhiid). Ce n’est pas mal dans l’absolu mais la voix se prête moins bien à l’élégie solitaire. Ou alors ils ajoutent un peu d’emphase, voire de psychédélisme (Music Killed Me). Mais même dans ce cas où on les retrouve en forme, le ton est plus mélancolique.

Alors que leur folie, c’est que leurs morceaux ne perdaient rien à n’être bâtis que sur plein de voix, de battements de mains et d’apports aussi hétéroclites qu’improbables (ustensiles de bureau). Ici, on se dit que cette façon de multiplier les voix sur un morceau qui pourrait aussi bien s’envisager dans la simplicité (Ophelia). On remarque aussi sur Houdini une tentative de durcir le ton, ne serait-ce que musicalement, les arrangements laissant volontiers la place à la voix. Et puis il y a ces thèmes un peu… disons futiles. Faire une chanson pleine d’emphase à propos d’un grand chien (Rufus), il faut oser. Y ajouter des soli de guitare et l’étaler sur sept minutes, c’est encore plus culotté. Le seul problème c’est qu’il faut tout le talent d’unPlants and Animals pour transcender le tout. Pas raté donc, mais pas complètement convaincant non plus.

Ce qui se passe avec I’m From Barcelona se passe avec des dizaines de groupes dans la même situation du second album après le succès surprise du premier. La solution prônée par les Suédois est de mettre un peu plus d’ambiances et moins de déconnade collective. Louable intention qui convainc même sur bien des titres mais quand un groupe tourne le dos à ses qualités principales, à savoir le pouvoir de faire frapper dans les mains et hurler le plus rigoriste des Mormons, il risque de voir son album moins bon moins bien reçu. C’est la bonne humeur communicative qui fait la force d’I’m From Barcelona et cet album-ci n’en génère pas tant. Mais rassurez-vous, il reste d’épars moments de joie, mais plus diffus, moins intenses que sur l’insouciant début. On retiendra donc Let Me Introduce My Friends et celui-ci risque de se faire bien vite oublier.

Article écrit par Marc

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