Accueil > Musique > 2019 > Efterklang - Altid Sammen

Efterklang - Altid Sammen

mercredi 9 octobre 2019, par Marc


Et voici le retour attendu de ces terriblement attachants Danois. Comme on ne les avait pas trop suivis dans leur opéra Pyramida, il faut remonter à leur Magic Chair de 2010 pour retrouver la trace d’une critique en bonne et due forme pour ce qui était une des réussites de l’année. Vue de loin, d’ailleurs, la structure de la pochette est assez identique.

Cette fois, ils chantent dans leur langue d’origine, ce qui va sans doute en écarter certains mais ce n’est pas ce qu’on retiendra. On ne peut du coup pas se lancer dans une exégèse des textes, même si on devine que le titre veut dire ‘toujours ensemble’. Et ce n’est même pas la première fois qu’on parle d’un album dans cet idiome, il y a eu Under Byen, autre chouchou nordique.

La structure de l’album par contre est différente. Exit donc la chanson pointilliste, la syncope comme art majeur. C’est ici plus direct, définissant une langueur qui n’est pas sans rappeler celle de Sigur Ros. Dans ce prestigieux lignage, on trouve Supertanker, énorme morceau qui fait partie de cette race à part de morceaux pouvant se faire plus intenses en ralentissant, appuyés par une basse souveraine. C’est le genre de choses qu’on avait aimé dans les débuts du Norvégien Einar Stray, autre orfèvre nordique. L’autre point d’orgue est le beau et lumineux morceau final Hold Mine Haender, avec choeurs mais sans effet exagéré, la mélodie et la délicatesse se suffisent à elles-mêmes.

En dehors de ces plus éclatantes réussites, il y a d’autres motifs de satisfaction comme ce gimmick de synthé d’I dine ojne qui est très réussi. Répétitif et entêtant, il manipule l’intensité du morceau. Les cuivres ne sont pas là pour apporter du panache, mais une texture sonore riche (Under broen der ligger du)
Belle élégance d’Unden Ansigt.

Ce qui frappe globalement, c’est l’indéniable élégance de cet album lent mais empreint d’une sensation d’apesanteur. Mais l’appréhension de cette lenteur ne devient jamais léthargie. On retiendra évidemment les rais de lumière, les moments forts que ce style leur permet mais aussi la constance d’un style indéniable.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Equipe de Foot - Géranium

    Quinze ans après Myspace, la tradition du nom de groupe étrange survit. Mais ce n’est pas le seul anachronisme ici. Le style pratiqué nous renvoie en effet plein d’années en arrière, au temps des nineties. Mais si beaucoup des formations qui font revivre ce temps-là penchent du côté alternatif de la force (The Poison Arrows, Beingmoved, Daydream Three), le duo bordelais privilégie une musique plus pop avec de grosses guitares.
    Et à titre personnel, c’est là que ça coince parce que ce n’est pas ce que (...)

  • Kitch – New Strife Lands

    Kitch n’est pas kitsch. Une lettre qui change beaucoup parce que le dégoulinant n’est vraiment pas à l’ordre du jour chez le quatuor de Villeurbane. Ils privilégient en tous cas les morceaux courts. Ce qui rend le tout à la fois assez digeste mais aussi déroutant parce que les styles s’enchainent sans pitié.
    Etambot pourrait être un morceau des Liars, un peu mystérieux. La formation peut servir de point de référence pour sa versatilité. On retrouve cette tendance sur des morceaux comme Charismatik qui (...)

  • Chev Chevin - Nectar

    Avec en accroche un phrasé à la lisière du hip-hop avec des nappes de synthés presque James Bond, on sent qu’on va explorer des limites (les nôtres) sur le premier album du duo (Max Kraft et Jonas Eckhardt) allemand Chev Chevin . Mais on s’embarque en fait pour un trip musical pour le moins varié.
    Les envolées et les voix sur Over Soon font plutôt penser à Bon Iver, avec une solidité plus marquée. Cette veine-là nous vaut de bons moments quand Nausea s’envole et bien franchement, on tient le haut du (...)

  • Rodrigo Leão - A Estranha Beleza da Vida

    Quand on découvre un artiste, on tente de se raccrocher à du connu. Rodrigo Leão a été membre de Madredeus, une des rares formations lusitaniennes dont le nom a eu un retentissement international. En se renseignant un peu, on note aussi des collaborations avec Beth Gibbons, Neil Hannon, Tindersticks, Ruichi Sakamoto ou Ludovico Einaudi. Un CV en béton armé donc.
    Il confirme d’emblée ces belles dispositions avec le simple et beau Friend of a Friend chanté par Michelle Gurevitch. Forcément quand ça (...)