Accueil > Musique > 2021 > Theodore Wild Ride - S/T

Theodore Wild Ride - S/T

mercredi 27 octobre 2021, par Marc


Si on connaissait la musique de Christine Ott avant de connaitre son nom (via ses collaborations avec Yann Tiersen, Tindersticksou Oiseaux-Tempête), une fois qu’on a pris conscience de son existence, on s’est rendu compte qu’on allait l’accompagner loin et longtemps. On la retrouve ici avec son comparse de Snowdrops, Mathieu Gabry et l’oudiste Ophir Levy.

Au programme donc, piano, oud et ambiances éthérées et on peut dire d’emblée que c’est ce qu’on a entendu de plus aéré de sa part. La piano charpente les morceaux avec un son plus percussif et les structures à trois fonctionnent vraiment bien. Quelques sons électroniques qui ajoutent un peu de relief et de contexte.

Ils disposent donc d’un espace de création assez ample pour qu’une guitare acoustique et un piano puissent s’ébrouer (Paoha). Le résultat est plus léger que ce qu’on a pu entendre dans le genre de la part d’Esmerine dans un genre connexe. Le parcours des protagonistes les éloigne du post-rock et cette grammaire différente est bien manifeste. Ce qui n’empêche pas la tension de s’établir sur Appalaches autour d’une entêtante et de discrets sons d’ondes Martenot. C’est la guitare qui tient ce rôle sur Zeppelins, imposant morceau final.

Si on se concentre sur le résultat, c’est simplement très beau, suffisamment structuré pour nous emporter mais aussi très libre pour que l’esprit puisse vagabonder dans cet espace. Bref, en trois sorties distinctes, on se rend compte qu’on ne fait qu’effleurer l’ampleur de l’univers de Christine Ott et de ses excellents partenaires.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Spelterini - Paréidolie

    Cet album du quatuor (dont deux membres de Chausse Trappe et de Papier Tigre) nommé d’après une funambule italienne est en fait un log morceau de 33 minutes. Cette lenteur, cette longueur sont le morceau. Il faut savoir se laisser happer, garder un peu de concentration pour que ça percole comme il faut. On entendra un long son qui monte pendant plusieurs minutes avant qu’une grosse caisse ne pointe le bout du nez. Et puis on vire vers un krautrock placide qui évidemment s’emballe un peu. Avec une (...)

  • L&S - When the Vowels Fall

    Anthony Laguerre et G.W. Sok sont parmi les artistes qu’on rencontre le plus en nos colonnes, ensemble (chez Filiamotsa ou Club Cactus) ou séparément, en tant qu’artiste solo, chez Piles, chez pour l’un, en tant qu’intervenant chez Oiseaux-Tempête, Unik Ubik, Baby Fire ou Coddiwomple pour l’autre. Cette fois, le batteur créatif et le vocaliste inspiré ont décidé de faire les choses ensemble du début à la fin, et de le faire en grand. Flanqués de Jean-Michel Pirès (The Married Monk, Bruit Noir), Eric (...)

  • Monolithe Noir – Rin

    Quand on a appris l’existence de Monolithe Noir à l’annonce de cet album, l’oreille a tout de suite été accrochée et les témoignages live qui existent ont franchement impressionné. La lecture des titres nous renverrait plutôt chez Yann Tiersen. Le clin d’œil mis à part, ce qu’a produit le Breton récemment n’est pas si éloigné et puis la Bretagne et ses paysages sont une source d’inspiration ici. On trouve ce qui nous avait attirés chez eux, ce dialogue permanent entre structure et textures et puis une vraie (...)

  • Russian Circles - Gnosis

    On ne s’en rendait pas vraiment compte, mais le gros son saignant de Russian Circles nous avait manqué. Si le post-rock s’exprime en des dizaines de sous-variétés, celle plus musclée du groupe de Chicago nous a toujours été chère. S’ils ont visiblement un peu changé leurs habitudes d’enregistrement sur leur huitième album, composant dans leur coin avant de mettre en commun, force est de constater que ça ne change pas radicalement la donne, et c’est très bien comme ça.
    En effet, les accords sont sombres, (...)

  • Snowdrops - Missing Island

    On peut très bien se promener en forêt en automne et ne jamais voir de champignon mais si on en voit un, on en verra plein. On s’est ainsi promenés dans la musique sans vraiment entendre parler de Christine Ott mais une fois qu’on a découvert le premier album de Snowdrops (le très beau Volutes), on l’a aperçue partout. On a appris qu’on l’avait entendu chez Yann Tiersen, Oiseaux-Tempête ou les Tindersticks ou Benjamin Schoos et puis ses albums solo ou avec Théodore Wild Ride sont sortis et nous ont plu (...)

  • Maxence Cyrin - Melancholy Island

    Il y a certains noms et concepts qui ne s’oublient pas. Le souvenir de ces percutantes reprises de standards de musique électronique au piano est si prégnant qu’on associe toujours les deux plus de quinze ans après. C’est avec curiosité donc qu’on reprend contact avec cet attachant pianiste. Et si on a depuis découvert plusieurs sociétaires de cette belle veine néo-classique (Akira Kosemura, Tim Linghaus, Andrea Viscardi, Alexandre Tharaud...), revenir à cette référence fait toujours autant plaisir. (...)

  • Albin de la Simone - Happy End

    Apprendre qu’il y a un nouvel album d’Albin de la Simone et qu’il est instrumental est sans doute la quintessence de la nouvelle douce-amère. On sait évidemment que ses qualités musicales sont hors-normes, lui qui a réalisé des albums pour Pierre Lapointe ou Pomme et accompagné sur scène des gens comme Iggy pop, Vanessa Paradis ou Alain Souchon. Mais c’est en tant que chanteur qu’on l’avait hissé par deux fois au pinacle de nos préférences annuelles.
    Mais on n’est pas là pour se morfondre mais parler (...)

  • Yann Tiersen - Kerber

    On a déjà longtemps évoqué les multiples périodes de la carrière de Yann Tiersen. On se bornera cette fois-ci à dire que ce Kerr se place dans la lignée de ses dernières productions plutôtambient et d’inspiration bretonne. Et c’est logique et bienvenu. Inspiré comme souvent par son île de Ouessant, il étoffe un peu le son en gardant ses qualités.
    Le piano domine les débats et son légendaire sens mélodique y excelle. Mais il n’est pas seul, l’enrobage sonore proposé par le producteur Gareth Jones le (...)