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Séance de rattrapage n°15

jeudi 2 août 2012, par Marc

Hannah, Emily et les autres


Cette période de congés presque généralisés est très peu propice aux sorties. On en profite donc pour soumettre quelques albums agréables, histoire de faire place nette avant le déferlement de la rentrée.

Edward Shape And The Magnetic Zeros - Here

C’est en préparant un déplacement aux Ardentes que je m’étais penché sur le dernier album d’Edward Shape et ses zéros magnétiques. Si le single du premier album avait pas mal tourné, je ne m’étais en effet jamais penché sérieusement sur leur cas. Et la rencontre fut agréable, parce que c’est toujours sympathique d’entendre cette pop hippie, débraillée et joyeuse comme il faut, de quoi faire de That’s What’s Up autre chose qu’une scie country. On y entendra aussi Mayla en imprécation, en hymne à quelque chose, quelque chose avec des fleurs dans les cheveux en tous cas.

Cette coolitude s’accommode donc bien de la douceur de Dear Believer, mais ce morceau voit arriver un peu de trompette et de violon pour épaissir le morceau, sans tomber dans l’héroïsme. C’est un album d’exaltation du ‘nous’, qui ne se cantonne pas aux expériences lysergiques (Child).

Ce que je cherchais, c’est une raison d’aller voir ou pas cette bande de joyeux drilles. Cet album n’est sans doute pas de ceux qu’on va chérir jusqu’à la nuit des temps, mais une occasion de sourire est toujours bonne à prendre.

Garforth and Myers - Garthford and Myers

Disons-le tout de suite, les Anglais Garforth & Myers font du folk comme je l’apprécie, orchestral et ample, un peu trop sirupeux parfois, mais parfaitement exécuté. Faites-moi écouter les 30 premières secondes de cet album et je me sens déjà chez moi. Bonfires en entier confortera cette impression.

Comme on l’a dit ; certains morceaux peuvent être trop anodins ou légers pour laisser la moindre trace, mais reprennent du poil de la bête en poussant la légèreté encore plus loin, comme sur Ghost Writer et ses voix féminines toutes délicates. Chacun mettra sa limite, et la mienne est franchie sur House On Black Hill

Ce n’est pas que ce groupe manque de personnalité, mais il s’insère de façon tellement précise dans un genre qu’il est difficile d’éviter les rapprochements. Mais tout ce qu’on demande, ce sont des morceaux qui rendent l’écoute nécessaire. Et il y en a indéniablement. Donc si vous avez aimé Fionn Regan (on y pense sur By Your Side), ou le folk légèrement orchestré et la musique diaphane et aérienne à la Vetiver, The Leisure Society ou Slow Parades, Garforth et Myers vous fournira un excellent album pour prendre le thé (parce que les boissons chaudes sont de saison cet été).
http://garforthmyers.bandcamp.com/

Howard Shore and Metric - Cosmopolis

Grosse actualité pour Metric. En plus de leur cinquième album studio dont on vous a parlé, les Canadiens ont collaboré avec Howard Shore (compositeur très apprécié) pour mettre en son le dernier film de David Cronenberg.

Ne nous emballons cependant pas, seulement trois morceaux présents ici sont tirés de cette rencontre. Et c’est une bonne idée en fait, parce que l’aspect direct de la bande d’Emily Haines se fond très bien dans les compositions de Shore. Peut-être que Long To Live est ce que je préfère d’eux cette année. Avec une voix plus éthérée, on n’est pas loin du formidable spleen de Blonde Redhead. Les deux autres morceaux, I Don’t Want To Wake Up et Call Me Home sont plus indistincts.

Pour le reste, c’est un soundtrack sans trop de surprises, très agréable mais moins évocateur en l’absence d’images. Les interludes musicaux sont forcément moins puissants, même s’il sait parfaitement installer une tension (excellent Rat Men) et employer la récurrence d’un gimmick lancinant. Terminons en disant que le rap de K’naan m’évoque les passages de Massive Attack quand Tricky y officiait encore.

The Magnetic North - Orkney : Symphony Of The Magnetic North

Encore une fois, les premières parties sont d’excellentes occasions de découvertes. Même si les artistes nous sont connus. Je m’explique. Si The Magnetic North, présenté en avant-programme d’Other Lives ne m’évoquait rien, j’étais déjà tout à fait convaincu par Hannah Peel qui en assurait le chant. Ce groupe est donc d’abord un bon souvenir de concert. Tellement bon d’ailleurs qu’il est à l’origine de ma principale réticence vis-à-vis de cet album

Outre Hannah, qu’on découvre en violoniste (elle a gardé sa boîte à musique, rassurez-vous), il y a Erland Cooper comme leader et même si cet album s’inscrit à la base au cœur de la légende des Orcades (Orkney en anglais, îles écossaises), on s’éloigne souvent de la musique traditionnelle.

On pense d’emblée que la jolie mélodie de Bail Of Skail va mettre l’album sur orbite avec sa montée finale, ou que les belles choses (Rackwick) vont facilement rafler la mise. Mais c’est tempéré par la sensation que Hi Life semble hésiter à lâcher la cavalerie, que le prometteur violon de Betty Corrigall est un peu sous-employé. Le bouillonnement est moins présent qu’en concert, or leurs prestations plus pêchues conviennent bien à plusieurs de ces titres, même si leur réserve est plutôt un bienfait sur l’ample Orphir.

C’est cette petite frustration, qui se base sur le talent des intervenants et leurs prestations scéniques qui est ma seule réticence. Ces morceaux-ci ont en eux un potentiel supérieur, qui semble un peu atténué. Mais que ça ne vous empêche pas de profiter de cet album mélodique et passé relativement inaperçu.

Article écrit par Marc

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