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Atlas Sound - Let The Blind Lead Those Who Can See But Cannot Feel

mercredi 12 mars 2008, par Marc

Un bon bain chaud pour les oreilles


Petite introduction : Pour vous faire une idée, Atlas Sound est un projet solo artisanal de Bradford Cox et est à Deerhunter ce que l’album solo de Thom Yorke était à Radiohead. C’est valable non seulement comme analogie pour la démarche mais pour dans le résultat. En effet, on peut se rendre compte que la coloration générale est la même, mais que le résultat est différent de la mise en œuvre par le groupe entier. Si on retire à Deerhunter la froideur robotique, l’influence du shoegazing et de Joy Division on obtient un objet curieux, ambient presque. C’est du pur projet parallèle, ni ambitieux ni prétentieux, mais totalement libre. On retrouve aussi un déficit en puissance par rapport au style de base de Deerhunter, mais le but n’était pas là sans doute.

En gros, on navigue entre deux tendances : une purement ambient et une dream-pop éthérée avec un continuum de l’un vers l’autre. On a d’un côté des titres comme On Guard, comme des versions sans les percussions délirantes d’Animal collective (Ready Set Glow commence d’ailleurs comme Fireworks) ou Panda Bear. C’est donc fatalement moins renversant. La pulsation existe pourtant bien (Winter Vacation), mais elle n’est pas le point central. De l’autre côté du spectre on s’approche d’une chanson (ativan ou Recent bedroom) et c’est plutôt réussi. Et la densité s’installe (quarantined) en restant à la lisière du gloubiboulga.

De même, les guitares sont toujours présentes, mais tellement maquillées qu’elles en sont parfois méconnaissables. Dans des morceaux comme Winter Vacation, les voix sont traitées comme des instruments, comme des composantes du son. De même, on soupçonne que les sons d’After Class sont sortis originellement d’une guitare. Encore qu’avec les moyens techniques actuels, la certitude en la matière est difficile à établir. Bien évidemment, ça nuit un peu à l’intelligibilité du propos mais ce n’est pas là le plus important.

Donc n’attendez pas d’hymnes, de refrains enflammés et passionnés ni même de montées en puissance, c’est la recherche sur la texture sonore qui est privilégiée ici. Et, si le résultat est ouaté à souhait, doux comme un bain chaud. C’est parfois un défi à l’attention et les morceaux se succèdent sans toujours se distinguer mais le tout a le mérite de la cohérence.

Les moments perdus d’artistes de talents ne le sont jamais vraiment. Dans la foulée du vénéneux album de Deerhunter, Bradford Cox nous livre ici une autre face de sa personnalité, proposant un voyage dans un monde-cocon.

Article écrit par Marc

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