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Prairie - I’m so in love I almost forgot I survived a disaster

lundi 11 février 2013, par Marc

Belle palette de distorsion


A priori, le projet Prairie a de quoi intriguer. Hébergé par le très recommandable label bruxellois Spank Me More, il ne cite sans ses références que des films, aucune trace musicale. C’est toujours dangereux de présenter ce qu’on fait comme une ‘musique de film à inventer’ parce que si l’auteur a des images dans sa tête au moment de créer, il n’est pas toujours facile d’en susciter chez l’auditeur.

Premier morceau, on a compris qu’on ne nous laissera pas seul dans le noir. Par contre, si vous êtes familiers et amateurs de distorsion digitale, le trajet sera plus passionnant, parce qu’il se pose comme un petit tour du genre.

Par exemple, la violence de Tigers Anyway pourrait très bien figurer sur un album d’A Place To Bury Strangers (ou des revenants My Bloody Valentine) si on ajoutait une voix sépulcrale. Bitch est moins brut, plus proche de ce qu’on retrouve chez les très créatifs Dan Deacon ou Fuck Buttons. Les références cinématiques prennent leur sens sur Veronica Or Die, qui se contente d’un peu de pulsation pour créer une tension. Il faut que le dosage soit réussi et c’est le cas. On ne peut pas dire avec certitude si les chuchotements moites de Scars In Heaven sont d’extase ou de peur (avec une plus grande probabilité de cette dernière).

Les frontières sont minces et poreuses de nos jours, mais certains artistes les traversent. Prairie le fait en gardant les fils conducteurs de la tension et de la distorsion et le mélange tient la route sur la longueur.

http://spankmemore.bandcamp.com/album/spankdigital-5-prairie

Article Ecrit par Marc

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