mercredi 16 août 2006

On a tous une histoire avec Depeche mode. Toute une génération a pu suivre son évolution, partant de niaiseries sans nom (non, je ne cafterai pas) à la reconnaissance planétaire grà¢ce à l’acquisition d’une maîtrise de la musique électronique passant parfois par des chemins de traverse (les mésestimés A broken Frame et Construction time again). Je dois avouer que je connais chacun de leurs albums et que beaucoup figureraient sur mes playlists à emmener sur une île déserte.
Donc carrière immense tout ça, respect tout ça, icônes tout ça. Et on sent, depuis l’annonce de la sortie de cet album, une volonté collective de s’embraser de la part des fans.
Ils ont atteint une telle notoriété qu’ils remplissent les salles de concert quoiqu’ils produisent. Les révélations de leur tournée marchaient bien avant même la sortie de l’album. Il faut quand même avouer qu’il y a une part énorme de nostalgie dans le succès. Ils font partie de ce bizarre réveil d’hibernatus collectif (Simple minds, U2, Duran Duran et Echo and the Bunnymen, laissons The Cure tranquille) peut-être poussé par un retour au premier plan de groupes pompant sans vergogne le patrimoine de la première partie des années ’80.
Depeche mode ne nous fera plus bouger avec aucun de ses titres. C’est le postulat de base, on est donc condamner à se cogner Just can’t get enough jusqu’à la fin des temps, j’en ai bien peur. J’aimerais pouvoir dire que c’est de la musique idéale pour se relaxer après une journée de boulot mais j’abhorre cette expression qui est selon moi en contradiction avec l’idée que j’aime à me faire de la musique.
J’aime pas les choeurs en général. Quand c’est Martin Gore qui prend le relais des choeurs féminins par contre ça fait toujours son petit effet (Suffer Well).
Comment évoluer tout en restant reconnaissable pour les fans et en séduire de nouveaux ? Pour les deux premiers, c’est désormais mission accomplie. Pour la conquête de parts de marché, je doute que certains sceptiques tombent foudroyés à l’écoute de cet album. Pour les conquis, ils peuvent jouer à "Mais dans lequel de leurs albums ai-je déjà entendu ça ?". Je vais vous l’épargner.
Et si, pour un amateur mais pas fan absolu comme moi, il se dégageait juste un ennui poli, un son parfait pour enrober ce qui ne m’intéresse plus ? Je vieillis. Oui, sans doute. Mais comment expliquer que l’album des Subways, Vitalic ou autres Bloc party se sont plus usés sur ma platine que celui-ci. C’est qu’il y a toujours des éléments intéressants dans chaque morceau, mais immanquablement de l’anodin aussi. Les sons plus distordus sont chaque fois modérés (The sinner in me).
Il y a de bons moments même (Nothing’s impossible) quand son impeccable s’allie avec bonne composition. Mais encore une fois, j’attends plus d’un groupe avec lequel on a eu il y a quinze ans que pop n’était pas un gros mot et que les synthés n’étaient pas une marque de paresse mais de recherche.
Les titres plus lents sont carrément anecdotiques (The sinner in me). Peut-être existe-il des gens qui ont été tout retournés par Macrovision. Je ne demande qu’à les rencontrer, il faut se confronter à l’inconnu. Car si Depeche mode creuse son sillon on ne peut plus profond, il reste toujours dans le même champ. Et perd en efficacité ce qu’il gagne en complexité.
Le son est impeccable, l’écriture est revenue, un peu d’énergie aussi. De plus, Dave Gahan a rarement chanté aussi bien (John the revelator). Par contre, monsieur Gore, il faut arrêter. C’est moins gnangnan que l’innénarrable Somebody, sans doute pas chanté non plus avec un canotier sur la permanente, mais bon, il y a un excellent chanteur dans le groupe et il faut le laisser faire. De plus, quand ils se répartissent la tà¢che comme sur Surfer well c’est tout de suite mieux.
Alors, pourquoi est-ce que je ne l’écoute que rarement par rapport à d’autres albums bien moins bien faits ? Parce que je m’emmerde un tantinet, voilà tout... Depeche mode est en grande forme et vient de livrer un album fort abouti. Sans aucun doute le meilleur depuis Violator qui clôturait leurs quatre meilleures années (depuis Black celebration). Et moi, je retourne me coucher. (M.)
Une des conséquences étranges de l’ouverture de la fenêtre d’Overton comme une baie vitrée exposée très à droite est que le discours autrefois passablement éreintant de Morrissey devienne plus mainstream. Mais rassurez-vous, il arrive à se plaindre quand même. Que ce soit pour fustiger l’anonymat de sa tournée alors que toute la presse anglaise en parle ou pour annuler un concert parce qu’il a (…)
Découverts la même faste année 1994, Pulp et The Divine Comedy constituent toujours des repères 31 ans (ouch...) après. Le hasard veut qu’ils nous reviennent tous deux en 2025, dans une bonne forme qui semble imperméable au passage du temps.
Le côté résolument hors du temps, hors de ce temps plutôt, facilite sans doute la prise d’à¢ge de la musique de Neil Hannon. Le talent faisant le reste. (…)
Non, je n’aurais jamais pensé critiquer l’actualité d’un groupe comme Pulp (on en avait parlé ici pourtant). On craint d’ailleurs souvent ces retours venus de nulle part tant la fibre nostalgique permet de plans marketing. Personne ne pense une seconde qu’Oasis se reforme sur des bases artistiques et pour proposer du matériau neuf et excitant.
C’est dans ce contexte un peu suspicieux que (…)
Dansante et hédoniste, la musique de Snapped Ankles se veut une distraction volontaire, un mécanisme de survie assumée plutôt qu’un aveuglement négation. Et c’est vraiment vital ici et maintenant. La danse comme manière de rassembler et d’évacuer. Pourquoi pas, surtout que ça n’inhibe pas l’action par ailleurs.
Surtout que sur le cinquième album de la formation londonienne n’est pas (…)
On a longtemps considéré que les Liverpuldiens de Ladytron étaient un groupe à singles. Les albums ont toujours tenu la route sur la longueur mais brillaient par leurs hauts faits. Et puis la viralité surprenante d’un morceau comme Seventeen (de 2002 quand même...) sur TikTok ou la présence du formidable Destroy Everything You Touch sur la BO de Saltburn sont venues renforcer cette impression. (…)
A l’intersection de plusieurs choses qu’on aime, ce troisième album est l’occasion de découvrir Emeline Marceau qui officie en tant que Roseland. Et on est content que La Centrifugeuse ait organisé la rencontre musicale.
Pour que cette musique qui puise dans les énergies rock et synthétiques puisse donner sa pleine puissance, il faut un petit supplément de fougue pour pousser les morceaux (…)
Parfois déroutants, les noms d’artistes peuvent être révélateurs aussi, surtout quand il s’agit d’une oeuvre. Celui choisi par Frederico Nessi, artiste qui a vécu entre Paris, Miami et Buenos Aires est donc le nom d’un morceau fameux (pour ceux qui sachent) de David Bowie.
Ce qu’on entend sur cet EP est un étrange mélange de chaud et de froid. C’est ce qui faisait le sel de Bowie et, sans (…)
Il y a des noms qui sont liés à une époque, qu’on oublie forcément un peu avant de les voir ressurgir de nulle part. Lescop fait partie de ceux-là , vous l’avez definé, petit.e.s futé.e.s que vous êtes. Les années ’80 sont une esthétique qui n’a plus déserté le paysage musical depuis plus de 20 ans. Mais si ce troisième album reste dans ce (micro)sillon, il le fait avec tant d’allant qu’on ne (…)