Accueil > Musique > 2018 > Tango With Lions - The Light

Tango With Lions - The Light

mercredi 21 février 2018, par Marc


Si vous venez ici de temps en temps, vous vous êtes peut-être rendus compte qu’on a déjà traité de plusieurs artistes grecs. De la synth-pop de Mechanimal ou Sundayman au sombre rock d’Illegal Operation en passant par le psychédélisme de Baby Guru en passant par le soleil de The Man From Managra, on avait déjà balayé un fameux spectre qui s’élargit encore avec ce Tango With Lions.

A part une origine finalement si peu inhabituelle, on reste en terrain connu. S’il est plus compliqué de définir la spécificité de Tango With Lions dans une gamme qui va d’Agnes Obel à Lia Ices en passant par Nadine Khouri, force est de constater qu’on a tout de suite été chez nous. Pour fixer les idées, le timbre le plus proche de celui de la chanteuse Katerina serait celui d’Emily Haines (Metric).

Sombre mais pas trop, toujours accessible, cet album fait montre d’une belle versatilité. On apprécie particulièrement Proof of Desire parce qu’il part du sol, d’une certaine nudité acoustique avant de prendre son envol. Ils trouvent aussi le ton juste sur Phoenicia. Cette musique ne réclame pas l’émotion en suppliant, c’est pour ça que cet album reste discret et gratifiant. Avec des morceaux très simples mais fonctionnent parce qu’ils sont gentiment hantés (The Go Betweens) ou plus pop et enlevés (Last Thrill). Notons aussi un emploi de la langue française sur L’Ombre et l’impression d’entendre une version plus langoureuse de Marie Modiano sur The Light. Parfois on confine à la country (Restless Man) et c’est encore impeccable même si moins renversant que le reste. On ne leur en veut même pas de briser le moratoire sur les chants d’enfant en fin de morceau sur The Light.

Tout est question de connivence. Si l’univers des nombreuses chanteuses mentionnées ici vous plait, aucune mauvaise surprise n’est à craindre avec cet album grec immédiatement familier.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Gabriiel – Treasure in The Garden

    Les artistes français pratiquant avec talent des genres folk et dérivés font partie des amis de nos oreilles. On avait déjà ajouté Gabriiel à Raoul Vignal ou The Wooden Wolf à la liste sur foi d’un prometteur premier EP. Evidemment, on est restés aux aguets pour le premier album et on n’a pas eu tort.
    La plage titulaire montre déjà une belle palette, avec ces cordes majestueuses et graves, de belles harmonies avec la choriste qu’on retrouvera tout au long de l’album et une sensation d’ampleur et la (...)

  • Barzin - Voyeurs in The Dark

    Si les rencontres avec Barzin sont plutôt espacées, les retrouvailles ont toujours été faciles. Il s’est en effet passé 8 ans depuis son dernier album. Le chanteur canadien a en tous cas mis à profit cet intervalle pour faire évoluer son univers.
    On ne retrouve donc plus vraiment d’arpèges acoustiques. Exit donc les ressemblances autrefois flagrantes avec Spain, remplacées par une légèreté de tous les instants qui est à la fois la force et la potentielle réticence. Force parce qu’on n’a plus (...)

  • Jem Bosatta – Loss + Love (EP)

    On avait reçu ces morceaux il y a un petit temps déjà, apprécié cette capsule intime et hors du temps. Et voici cet EP dans le monde avec une pochette est un peu trompeuse. On ne se doute pas à quel point on s’apprête à écouter des morceaux folk vraiment intemporels. L’artiste anglais installé à Berlin s’impose d’emblée comme un songwriter de haut vol.
    Comment susciter l’émotion sans avoir l’air de quémander des larmes de la part de l’auditeur ? C’est toujours difficile à dire mais ici il y a quelques pistes (...)

  • Jawhar - Tasweerah

    Un Nick Drake des sables, c’est ainsi qu’on nous l’avait présenté, c’est ainsi qu’on l’avait aimé. Mais Jawhar est un artiste, de ceux qui rechignent à se cantonner à un procédé, aussi riche soit-il. Et ce quatrième album s’éloigne sensiblement de cette référence de base. Pas par caprice, c’est tout simplement un effet secondaire de son évolution.
    L’emploi de la langue arabe est toujours un marqueur fort de la musique du Belgo-Tunisien. Evidemment l’anglais ne peut que fonctionner vu les genres pratiqués (Born (...)