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Arctic Monkeys : Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not

jeudi 24 août 2006, par Marc


C’est une tendance lourde de ces derniers temps et qui n’est pas prêt de s’estomper : il faudra compter avec Internet dans la popularité d’un groupe. Les plus renversantes réussites de ces derniers mois (Arcade fire, Clap your hands say yeah ou Wolf parade) ont été révélées par la toile, le bouche-à-blog, la vente en ligne de groupes même pas signés. Le public veut être responsable de ses choix, soumettre et confronter ses coups de coeur. Le tam-tam permet aussi de signer les yeux fermés des groupes déjà populaires. Voire de remplir des salles de concert avant même la sortie de l’album (Clap your hands say yeah à Bruxelles, j’ai ma place lalalèreu). Je pense qu’on peut se réjouir de cette évolution puisqu’elle vient de passionnés pour d’autres passionnés. L’effet pervers est que certains groupes entretiennent cet état de fait. Les Arctic monkeys (et leur label Domino) font partie de cette frange floue, entre roublardise marketing (des concerts rares dans des lieux trop petits pour attiser la curiosité, morceaux postés comme par hasard au détour d’un forum...) et élan sincère de fans.

Résultat, le groupe était désigné comme favori des lecteurs du NME (pour rappel, journal musical anglais qui ressemble à ce que serait les Irockuptibles s’ils engageaient la rédaction de Voici) avant même la sortie de l’album. Qui partait avec un avis favorable vu que plusieurs des titres étaient déjà connus, dont la bombinette I bet you look good on the dancefloor qui nous a déjà bien fait transpirer. Les promesses allaient tenir sur treize titres ? Nous allons voir que oui. Oublions donc pendant un moment le buzz créé et écoutons les morceaux On peut distinguer trois types de ressemblances : les glorieux anciens comme les Stones ou les Clash (Une basse qui peut tenir toute seule quand les autres instruments partent ailleurs comme sur le The view from the afternoon qui ouvre l’album), The Libertines et Franz Ferdinand. Donc on pourrait aussi citer Gang of four dans les moments presque punk comme You probably couldn’t see for the lights but you were looking straight at me (prix du plus long titre).

Ca c’est chouette, c’est ce qu’on se dit dès qu’on entend Dancing shoes. C’est fort court (2’20"), donc sans temps morts. Comme les Franz Ferdinand efficaces du premier album, surtout quand la basse appuie les riffs (Red light indicates doors are secured). Disons-le tout de suite, il s’agit de la consolation du second album de Franz Ferdinand pour ceux qui, comme moi, sont moins preneurs de leur écriture plus ’mature’ (entendez plus nostalgique).

Voilà, c’est juste tout bon et tout frais (Mardy Bum). Maintenant que les Strokes sont partis faire du compliqué, nous avons les Arctic Monkeys. Le solo évoque claire clairement Libertines. Qui peuvent constituer une bonne base pour la comparaison (Maddy Bum, Riot Van surtout). C’est presque de l’hommage parfois, comme sur le début de la fausse balade When the sun goes out qui démarre comme le Jacqueline des Ecossais de Glasgow (Franz Ferdinand pour ceux qui n’avaient pas suivi) après un faux départ. A ce propos, la réussite immédiate de cet album montre par défaut le gâchis qu’est l’album des Babyshambles (A certain romance est le genre de morceau qu’ils auraient pu faire en s’appliquant un rien).

Autre référence assez british est cette propension toute Smithienne à trousser des titres kilométriques. Même goût aussi pour les paroles un peu mordantes et désabusées, ce qui manque cruellement aux Subways à qui ils pourraient être comparés également par moment.

Donc pas original pour un balle, convenons-en, mais inclinons-nous devant l’efficacité. En effet, on en voit pas le temps passer et les moments plus faibles sont inexistants.

Finalement, cette musique ressemble à tellement de trucs qu’on connaît qu’on a envie de laisser tomber et se concentrer uniquement sur la qualité intrinsèque des morceaux. Elle est là, pas de problème. Vous risquez d’aimer ça pour les mêmes raisons que les références citées ici : parce que la musique est aussi (surtout ?) une fête et que la bande-son de l’hédonisme se doit d’être solide.

Ces singes arctiques nous livrent donc un album court, trapu, nerveux et vraiment dansant qui devrait apporter son petit succès à ces tout jeunes Anglais. C’est un des étalons en la matière pour cette année qui commence. Les pourtant récents Libertines et autres Franz Ferdinand ont déjà leurs successeurs. Tout va trop vite parfois. L’accélération du temps trouve déjà des substituts à des groupes existants. Pas super original puisque s’appuyant sur des groupes eux-mêmes déjà super référencés, mais d’une efficacité indéniable. (M.)

Article écrit par Marc

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