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The Streets - Everything is borrowed

lundi 13 octobre 2008, par Fred

Is it all over yet ?


Fondu enchainé. Flash back : 2002, arrive sur nos radios, la voix de The Streets, nom de scène d’un jeune anglais à l’accent cockney à couper au couteau. Sur des beats garage et 2-step, ce geezer de la banlieu de Birmingham raconte la vie, les sorties et le désarroi des jeunes anglais.

Apès le quasi pamphlétaire Original Pirate Material, Skinner nous aura donné son "homme à la tête de chou", son album concept A Grand don’t Come for Free. La qualité musicale soutenue par une production plus aisée et la narration intelligente élargissent encore son public et gagnent le respect des critiques.

Le dernier album en date, Hardest way to make an easy living, nous dépeignait un Mike parvenu mais toujours pas mature se débattant avec les problèmes inhérants à la célébrité et aux abus liés.
Le pathétique et le réjouissant se croisaient avec un recul qui présageait une remise en question salvatrice et profonde. Difficile d’éprouver de l’empathie pour les problèmes d’une star à la dérive. Si bien que cet album se revèlera inférieur aux deux précédents, tout en restant amusant.

Retour au présent : 2008, Mike Skinner sort son 4eme album sous le nom de the Streets. L’homme et la musique ont murri. Comme sur les précédentes productions, le talent de Mike Skinner est d’imposer une véritable personnalité à un hip hop souvent caricatural. A celà s’ajoute sur cet album un éclectisme musical remarquable, on passera d’ambiance jazzy sur I love you more, à une marche sur the way of the Dodos, à un air de Mandoline façon série télé des 60’s sur On a flip of a Coin.

On est à nouveau inviter à tendre l’oreille et nous intéresser aux paroles, celles-ci sont toujours aussi bien sentiées, réfléchies, sensées et parfois touchantes.
Question de locution ou d’accent, mais Skinner m’a toujours paru beaucoup plus compréhensible que la plupart de rappers US.

Sur les loops de cuivres de Everything is borrowed, Mike ouvre sur une note positive et fait le tour de la question de manière philosophique : "I came to this world with nothing, I’ll leave with nothing but love. Everything else is borrowed". Une morceau qui travaille les méninges et donne la pèche, un peu à la manière Just Jack, ou du Try to stay positive sur Original Pirate Material.

The Escapist décrit les images maritimes vers lesquelles Mike s’évade pouré chapper à la vie urbaine. 5 minutes de détente downtempo agrémentées de cordes délicates, de leads délicats de guitares.

On the edge of the Cliff aborde le sujet du suicide de biais. Quelques lignes données en conseil au candidat suicidaire iront compléter la philosophie du bon sens populaire : "For billions of years since the outset of time Every single one of your ancestors survived Every single person on your mum and dad’s sides successfully looked after and passed onto you life What are the chances of that, like ? It comes to me once in a while And everywhere I tell folk it gets the best of smile".

On hésite entre trouver ça naif ou formidable (pourquoi les vieux qui passent sont-ils toujours de si bon conseils ?), mais au final la chanson marche.

Sur chaque Opus, The streets a réussi à sortir au moins un morceau pour les clubs anglais, un arme imparable pour DJ, de la pure matière à remix.
Le successeur de blinded by the lights et de Weak become heroes se nomme Heavens for Weather. On retrouve le loop de piano, une rythmique batterie/tambourin ainsi que des sirènes à la mode rave : festif en diable. Le refrain que n’aurait pas renié les Kaizer Chief est fait pour être repris en choeur par la foule ébréchée : "I want to go to heaven for the weather But hell for the company I want to go to heaven for the weather But hell seems like fun to me"

Il est temps enfin de se réveiller avec the Way of the Dodos. Le beat se durcit pour tourner à la marche et le flow s’accélère pour s’approcher de celui de Dizzee Rascal.

Au final, ce qui pourrait passer au final pour un très bon album de hip hop, parrait en fait moyen de la part de Skinner.
Skinner ne fera jamais un autre Original Pirate Material, il faut nous rendre à l’évidence. Mais il aura réussi à marquer une époque et avec cet album - si c’est son dernier comme certains l’ont annoncé- à tirer sa révérence de belle manière avant de passer à autre chose. Que ce soit le cinéma ou la production, on sera de toute façon les premiers à le suivre dans ses prochains délires.

Article écrit par Fred

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